Re : La bible, livre métaphorique
Dom Corylus de Hazel (193.248.223.xxx) - 2002-11-17 21:47:24
Re : La bible, livre métaphorique
Il est dommage que la seule réponse à l'affirmation de la nature métaphorique ade la Bible ait été une longue reprise de Mme de Souzenelle; la question méritait beaucoup plus.
Je n'ai pas la prétention de vouloir donner une réponse exhaustive , qu'il me soit permis de livrer, ce soir, quelques réflexions.
La Bible, ensemble de livres (ta Biblia), est un ensemble théologique à la longue gestation et la mise en écrit plus tardive, qui raconte l'expérience de Dieu libérateur à travers l'histoire vécue d'un peuple.
Il s'agit bien d'une oeuvre théologique qui vit et relit l'histoire d'un peuple à la lumière de sa foi. Chaque livre doit lu en fonction de sa nature propre. L'expérience de Dieu est différente entre 1 R19,1-21; Ex 33, 1S 3. Il faut partir de Ne 9 pour comprendre cette relecture de tout un peuple de retour d'exil qui reconnait tout ce que Dieu a donné: la création, la terre, la libération d'Egypte, la Loi, les prophètes, opposés à la nuque raide et l'épaule rebelle d'Israël. Mais celui-ci après cette longue confession de foi actualise cette relecture par le we atah (kai nun, et nunc: et maintenant...).
Dieu parle le langage des hommes à partir de leur propre histoire y compris leurs renoncements et leurs erreurs (péchés). Dès le commencement tout paraît par la parole: "Dieu dit" et Dieu parlera par ses prophètes "
arole du Seigneur dite à N...". La parole divine est expérimentée humainement à chacun selon sa propre personnalité. l'expérience toute mystique d'Elie qui entend Dieu dans le "fin silence" (qol demanah) est radicalement différente de celle de Moïse( feu tonnerre...) ou celle de Jérémie.
Ni métaphore ni allégorie la Bible est avant tout l'Histoire de la Rencontre que matérialise "la tente de la rencontre", cette rencontre est à l'écoute de la Parole y compris dans le silence qui rejoint l'homme dans sa vie. Mais l'homme utilise son propre langage pour redire cette expérience d'où cette distorsion et nos questionnements.
Plusieurs lectures peuvent se déployer (allégoriques comme celles des Pères, métophoriques comme le font les littéraires ou les scientistes, historico-critique comme l'exégèse de XIX et XXè siècles, littérale comme les fondamentalistes, sémiotiques comme l'opère la tendance actuelle...) mais il ne s'agira alors que de l'interprétation de ce qui est écrit (par l'homme) pas de ce qui a été dit (par Dieu).
Comme toute parole celle de Dieu peut être reçue ou ...non mais "il n'est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre"
Prêt pour en reparler, à tous bonne nuit.