Re : La chasteté
dominique -  2002-11-07 16:28:34

Re : La chasteté

Choix... pas le choix... il me paraît difficile de parler de ces choses en des termes aussi carrés.
Si vous lisez Xavier Thévenot, sdb, qui a écouté nombre d'homosexuels, certains sont tellement liés par leurs pulsions qu'ils n'ont pas la liberté de ne pas passer à l'acte plus ou moins régulièrement. Cela les condamne t il ?
Par ailleurs, il me semble que votre réponse est auto-contradictoire.
Soit l'attirance homosexuelle relève d'un choix libre - auquel cas, ce choix est d'évidence moralement mauvais. Soit elle relève de ce que la personne qui en est touchée subit - comme je subis le fait d'être myope. Auquel cas, il ne comporte pas de connotation morale. C'est comme si on disait "c'est moralement mauvais d'être fou".
Ce qui peut être objet de jugement moral, en revanche, c'est ce que la personne fera, dans la marge de liberté psychologique parfois très étroite que lui laisse ses attirances, de ses pulsions.
Choisir de vivre dans la continence, pour certains homosexuels, relève de l'héroïsme.
Du coup, je déduis de votre réponse, en fait, que nous ne donnons pas au mot "chasteté" le même sens.
Car, d'après le paragraphe du CEC que vous me citez, elle peut s'appliquer autant à des couples mariés qui vivent des relations sexuelles qu'à des consacrés. Si nous suivons cette définition de la chasteté, elle ne concerne pas les homosexuels même continents par le seul fait qu'ils sont atteints de ce que j'appellerai une déficience humaine.
Cela dit, en régime de stricte morale, toute personne est condamnée à la continence totale tant qu'elle n'est pas mariée : elle n'a pas le choix non plus... même si on sait bien que c'est souvent peu réaliste.

Il me semble que la manière de juger moralement une conduite ne peut pas se fonder sur les capacités humaines de la personne, mais sur ce que cette personne fait de ses capacités et incapacités. Sinon, cela signifie que les homosexuels - même baptisés - ne sont pas appelés à la sainteté.

Comparaison qui vous fera sans doute bondir, mais pas elle : Ste Thérèse de Lisieux intérese beaucoup les psychiatres. Il y a dans ses écrits un certain nombre de passages qui indiquent davantage une affection névrotique grave que la sainteté. Ca n'empêche pas sainte Thérèse d'être une des plus grandes saintes de l'Eglise catholique lorsqu'elle dit "moi, si j'avais commis tous les crimes possibles, je garderai toujours la même confiance car je sais bien que cette multitude d'offenses n'est qu'une goutte d'eau dans un brasier ardent". C'est dans sa faiblesse humaine que le Christ s'est révélé. L'étonnant, ç an'est pas que les saints soient fous, c'est que certyains fous soient saints... On peut être saint et profondméent névrosé; j'espère que, même avec une structure psychologique homosexuelle, tout baptisé est appelé à l'être.