Judas Thadaeus - 2002-11-04 19:30:16
Et pourquoi pas?
Abbé Georges Frémont, docteur en théologie: ( in " L'Eglise et la pitié envers les animaux" , Paris 1908 ).
Et s'il est vrai que la survivance de l'âme humaine ait pour cause la volonté divine, et pour motif les souffrances imméritées qu'elle endure, pourquoi les animaux, proportions gardées, ne recevraient-ils pas dans un monde meilleur la compensation , sinon la récompense, à laquelle ils ont droit? (...)
Je ne dis pas que l'âme des bêtes survit à la dissolution de son organisme; je n'en sais rien. Je dis que la chose est théologiquement possible, si Dieu le veut. Or pourquoi ne le voudrait-il pas, puisqu'il est hélas! certain que les animaux souffrent pour la plupart des maux immérités dont la source trop féconde n'est autre que la violence humaine? Pourquoi Dieu ne le voudrait-il pas, puisque l'un des arguments les plus solides de la survivance de l'âme humaine, gît précisement dans ce fait atroce que des hommes en grand nombre subissent ici -bas des maux dont leur libre-arbitre n'a jamais posé la cause?
Les animaux, ne l'oublions jamais, sont des créatures de Dieu comme nous, et l'un des grands théologiens du XIXème siècle n'a pas craint de dire "qu'ils étaient la partie la plus mystérieuse de la Création". Et ceci n'est pas douteux pour quiconque veut y réfléchir. Ne soyons donc pas tranchants sur ce sort définitif. Laissons à la bonté divine la possibilité et le soin de ménager à ces pauvres animaux si souvent maltraités et qui presque tous meurent de mort violente, quelqu'heureuse compensation dans un monde meilleur. (...)
En quoi serait-il plus ridicule qu'il y eût outre-tombe une place pour le chien, le chat, l'oiseau, que leur en voir occuper une sur la terre?"
La bonne Sainte Madeleine-Sophie Barat, fondatrice des Dames du Sacré-Coeur, était d'ailleurs de cet avis.