BEN SI!
Judas Thadaeus -  2002-11-02 04:00:04

BEN SI!


Le nouveau "Canon" quasiment identique au Canon "tradi" !!!
C'est une plaisanterie!

En quoi est-il plus narratif? Bon... Allons-y.
Les paroles de la consécration peuvent désormais être comprises comme un simple récit de la Cène, au lieu d'un acte sacré et mystérieux accompli surnaturellement par le prêtre à travers les paroles rituelles.
Avec le vrai Canon, la 1ère interprétation est impossible: 1.ce n'est pas un récit, puisque le canon est dit à voix basse, il y a là au contraire quelque chose de si incompréhensible que le prêtre s'isole pour l'accomplir. 2.Et surtout, c'est le changement de ton: à la consécration, le prêtre passe du ton narratif au ton intimatif, comme intimant un ordre. Ce changement est souligné par le missel qui sépare très nettement par un point les paroles de la consécration de celles qui la précèdent, et qui imprime la formule consécratoire en majuscules, pour en signaler l'exceptionnel.
Avec le nouveau "canon", voix haute bien sûr; plus de mystère, on nous lit l'Evangile, bon. Et désormais plus rien n'empêche de nous le lire sur le ton narratif d'un bout à l'autre, avec la consécration sur le même ton que ce qui la précède et la suit. 1. Le texte précédant la consécration se termine par deux points: on est dans la continuité d'un récit qui se poursuit. 2. Certes, les paroles de la consécration sont toujours soulignées; mais plus seulement elles! Toutes les paroles de Jésus le sont en même temps sans distinction: ceci pour empêcher qu'on aille attribuer à celles de la consécration une valeur plus "spéciale".

Alors j'entends déjà: que de chicanes! Mais sans doute: car ces changements là sont accompagnés de tous les autres: modification de la formule consécratoire en elle-même, ajout d'une acclamation ambiguë après celle-ci, suppression des génuflexions, signes de croix, des invocations des saints, des références à la médiation de Jésus entre Dieu le Père et nous... Et tout cela va dans le même sens, comme par hasard; on remplace du pur catholique par du double-sens, non certes explicitement hérétique (heureusement encore!!!), mais se prêtant parfaitement à l'être si on le veut: d'où le retour au problème de l'intention, capitale dans le nouveau rite...

Du reste, même en admettant que ces changements étaient de bonne intention ( on y croit tous), vous savez sans doute qu'à la veille du Concile, le Canon n'avait plus changé depuis St Grégoire le grand...Et que St Thomas enseigne que tout changement d'une coutume antique et vénérable ( vous m'accorderez que le canon entre peut-être dans la catégorie ) est en soi un défaut, et ne s'admet que s'il apporte des avantages considérables en regard des inconvénients liés au simple fait du changement ( on ne parle même pas des inconvénients du contenu du changement !). Si vous en voyez de tels, des avantages du nouveau canon, libre à vous ...

Au fait, quelle terminologie intégrisante employez-vous??!!! Le Canon romain? Mais c'est fini tout cela, allons!!! Moi je ne connais plus que la Prière Eucharistique n°1, mon cher... Et elle est du reste singulièrement peu en faveur auprès des bons prêtres conciliaires ( encore trop catholique peut-être?) qui choisissent plus volontiers aujourd'hui la 2, la 3, la 4 ....C'est qu'on a le choix maintenant! Ok, ça peut donc plus s'appeler canon (= règle immuable), mais bon...on fait ce que veut l'Eglise (laquelle?) alors tout va bien...