Justin Petipeu - 2002-10-25 15:32:26
Quelques réflexions
Qui peut dire ce que ferait Mgr Lefebvre aujourd'hui ? Certes, ce qu'a proposé Rome est bien supérieur à ce qui était proposé en 1988...Mais on ne peut faire comme si on était en 1988.
Quelques réflexions :
- l'interdiction de fait de la messe traditionnelle s'est quelque peu assouplie. La dernière lettre d'Oremus montre cependant que ce qui a été accompli reste faible.
- son interdiction de droit a quasiment disparu ; les interventions du cal Ratzinger, par exemple, ont joué leur rôle. Plus un catholique sincère et renseigné ne peut dire que cette messe est interdite. Cependant, celà n'empêche pas Mgr Raffin de continuer à dire et à écrire qu'elle reste une "concession" temporaire.
- bien sûr, une administration apostolique nous garderait du danger représenté -entre autres- par l'épiscopat français, mais je pense que l'abbé Aulagnier avait une très bonne analyse des tribulations de la messe traditionnelle : tout ce qui a été obtenu ne l'a été que par "la force"...Alors, en ce cas, pourquoi ne pas continuer ?
Après tout, le 22 mars 2001, une plenaria s'est réunie autour du pape pour discuter de sa libéralisation sans condition. Certes, le résultat a été négatif, mais qui aurait pu imaginer celà en 1988 ? Le combat porte ses fruits, c'est un fait acquis.
- le débat est aussi mal engagé dès le départ : Rome ne parle que d'Ecône et de sa situation canonique. Et Ecône ne veut parler que de l'Eglise et du préalable. La FSSPX n'a pas vocation a être une chapelle parmi d'autres dans une Eglise romaine devenue une sorte de BHV, où l'on peut trouver de tout à sa convenance. Elle a un avantage : c'est ce qu'elle défend. Ce qu'elle défend : une conception de l'Eglise qui, quoiqu'on en pense, a bel et bien été "retournée" depuis Vatican II. Voilà pourquoi la FSSPX refuse d'être une boutique parmi d'autres dans le grand centre commercial qu'est devenue l'Eglise. On peut juger celà irréaliste, mais au moins, on ne peut lui reprocher d'être illogique.
Et c'est là qu'intervient le préalable de la messe, il me semble : faire en sorte que Rome arrête ce petit jeu malsain qui consiste à bénir les Foccolari d'un côté, et à "intégrer" Campos de l'autre, alors que visiblement, ces gens n'ont pas la même Foi !!!!. Faire en sorte que Rome s'engage dans une véritable restauration de la liturgie, cesse de défendre tout et son contraire et qu'enfin : les apports positifs du Magistère passent enfin dans les faits !
Que voilà un problème !!! J'applaudis à la condamnation des "célébrations pénitentielles", mais il est clair que les évêques s'en moquent ! J'applaudis à la défense du Rosaire et à cet appel à le méditer, mais dans les paroisses ......? Et pourtant Rome ne cesse de se flatter de cette collégialité qui la paralyse complètement !!!
En libérant la messe, Rome devra certes gérer des conflits, mais elle devra surtout s'engager d'un côté (et du bon) pour faire respecter cette liberté, et tout ce qui va avec !
Je crois que c'est le but de la FSSPX d'obtenir celà, plus qu'une administration apostolique qui existe déjà, de fait...Il faut être convaincu du schisme pour trouver un avantage à un accord sur cette base (et je ne vais pas relancer ce débat)...
C'est la FSSPX qui a obtenu le motu proprio. C'est elle qui a donné un évêque à Campos, aujourd'hui reconnu par Rome. C'est elle qui secoue un peu, mais de plus en plus, l'Eglise de France par sa "lettre à nos frères prêtres", qui inquiète sérieusement les évêques. Encore un petit effort et la messe sera rendue aux prêtres et aux fidèles. J'en ai la certitude.