Re : Le sens de l'histoire
dominique -  2002-10-10 11:20:00

Re : Le sens de l'histoire

Merci pour votre réflexion tout en nuance... une vraie bouffée d'air frais.

"certains hommes d'Eglise qui, hélas, oublièrent cette parole du Christ : « parce que vous n'êtes pas du monde, et que je vous ai choisis du milieu du monde, à cause de cela le monde vous hait » (Jean XV:19)."

Il est vrai que certains ont eu peur. Ont préféré se mettre à la remorque du monde. Mais je ne crois pas que l'opposition au monde soit une valeur en soi. Christ est venu pour que le monde soit sauvé, et le monde ne l'a pas reconnu. Il nous faut être libre par rapport au monde : libre quand il tend à écouter l'Evangile, et libre quand il s'y oppose. Cette liberté est une question d'équilibre.
Vatican II a, me semble-t-il, rééquilibré, après une période (1789-1910 essentiellement) dans laquelle l'Eglise a été soumise à des attaques très violentes et a réagi contre cette haine du monde en le condamnant. Il fallait sans doute le faire; mais la condamnation légitime des erreurs a sans doute empêché de sauver la part de vérité et de bien que portaient ceux là meêms qui proféraient ces erreurs.
Vatican II, peut être a tort, a rompu, non pas avec la condamnation des erreurs passées, mais avec l'attitude systématique consistant à se fermer au monde : le discours de clôture de Paul VI (je l'ai si vous le souhaitez) est très éclairant.
Il y a eu rupture à Vatican II, mais c'est une rupture d'ordre "politique" (c'est à dire liée à la manière dont l'Eglise interagit avec le monde). Et la question à se poser est plus "était-ce opportun" (c'est à dire : était-ce le bon moment) - ce qui peut se discuter - que "était-ce vrai ou faux".
Par ailleurs, il y a, chez certains "progressistes", une opposition au monde qui a conduit au martyr (cas de Mgr Romero, par exemple). Le monde n'aime pas qu'on lui dise qu'il faut croire; le monde n'aime pas non plus qu'on lui dise que les pauvrees sont injustement traités. Dans les deux cas, il peut se venger de celui qui le gêne.

Quand à la vérité de foi ancestrale : « Hors de l'Eglise, point de salut », attention !!! à son origine, elle s'adresse à des chrétiens devenus hérétiques, auxquels leurs pasteurs disent que leur salut est dans l'Eglise.
Elle peut être entendue dans le sens "le salut du monde vient du Chrsit, et de lui seul; et à travers l'Eglise, et elle seule". Je ne crois pas cependant qu'il faille en déduire (comme on l'a fait longtemps) que seule l'adhésion formelle à l'Eglise catholique romaine permet d'éviter la damnation. Mon père me disait avoir appris au catéchisme (vers 1955) que les non catholiques seraient jugés par leur conscience.
D'ailleurs, on peut peut être relire Mt 25 comme une parabole du jugement pour les païens qui n'ont jamais entendu parlé du Christ. Les bons comme les mauvais obtiennent au moment de leur résurrection la révélation de ce que le bien ou le mal qu'ils ont fait, en ignorance du nom de Dieu, concernait le Christ qu'ils découvrent à ce moment.

In Christo