Frédéric Ronga - 2002-10-10 03:22:35
Le sens de l'histoire
Cher Dominique,
Vous avez raison de dire que Vatican II est un mystère et que donc il nous échappe. C'est la dimension transcendante de ce Concile, inhérente à toute oeuvre de l'Eglise, corps mystique du Christ.
Vatican II est cependant aussi un événement historique : il s'ancre dans le temps, comme l'Eglise est humaine et non pas seulement divine. Pour juger le Concile de ce point de vue on doit donc le replacer dans le temps. Et ce temps n'est pas simplement une « conjonction avec 1968 » : c'est l'aboutissement d'une pensée moderne qui, petit-à-petit, a gagné mêmes certains hommes d'Eglise qui, hélas, oublièrent cette parole du Christ : « parce que vous n'êtes pas du monde, et que je vous ai choisis du milieu du monde, à cause de cela le monde vous hait » (Jean XV:19).
Il serait donc à mon avis exagéré de dire que Vatican II n'a fait que du mal. Mais il est tout aussi faux d'examiner ce Concile et ce qu'il a produit en faisant abstraction du contexte et, ce qui est plus grave, sans tenir compte du combat qu'ont livré les papes qui se sont succédé au cours du siècle qui a précédé Vatican II. Je pense à Grégoire XVI déjà, dans Mirari Vos, puis le fameux Syllabus du bienheureux Pie IX, enfin Humani Generis de Pie XII (sans même parler de saint Pie X).
Voilà donc pourquoi ceux que vous qualifiez si aimablement de jansénistes déplorent publiquement que l'on ne rappelle pas cette Vérité de Foi ancestrale (car ne point combattre la Foi ne suffit pas : il faut aussi la proclamer) : « Hors de l'Eglise, point de salut ». Voilà pourquoi ils voient d'un oeil inquiet des hommes d'Eglise accepter, non seulement dans les faits, mais encore dans la théorie, le libéralisme religieux des Etats. Enfin, ils se souviennent que le culte et la Foi sont inséparables, que celui-là établit (statuat) celle-ci, et ils craignent qu'un rit « moderne », issu de cette pensée et de ces aspirations « modernes », n'affaiblisse la Foi des fidèles, déjà tellement sollicités par le monde.
In Christo.
F.Ronga