La haine de Dieu
Rémi (80.8.28.xxx) -  2002-09-02 16:00:18

La haine de Dieu

http://www.centredeformation.net/actu/laicite.htm

C'est en ce domaine que l'on peut objectivement constater que l'actuel Etat français joue contre la France qu'il a pour charge de protéger et de défendre. Tout ce passe comme si la République laïque qui est en charge de la nation voulait non pas la protéger mais la transformer artificiellement. "Il a fallu briser, y compris dans sa dimension symbolique, l'hégémonie d'une Eglise sur la société française pour instaurer la République, et nous n'avons rien à renier de cette histoire (...). La laïcité, c'est une certaine conception de l'organisation sociale tout entière", nous avoue Yves Jouffa, président de la Ligue des Droits de l'Homme ("Le Monde" du 9 novembre 1989).

Idéologie laïciste, pour qui toute idée de Dieu est insupportable, et qui entend oeuvrer à faire de notre nation, par l'intermédiaire de son Etat, une communauté humaine athée.

"Il ne doit pas y avoir de transcendance au-dessus de la Cité, même si chaque individu peut croire en une transcendance ou ne pas croire. Etre laïque c'est donc refuser le principe d'autorité", confirme en mai 1992 Jean-Robert Ragache, alors Grand Maître du Grand Orient de France (16).

"Avec la Révolution, le mouvement des Lumières aboutit à cette idée ahurissante : l'homme est l'auteur de l'homme. Il peut s'organiser sans Dieu (et par conséquent sans roi de droit divin). Mais non sans école, car l'humanité étant à la fois Histoire et Raison, le progrès des libertés dépend du progrès des connaissances et de l'assimilation réfléchie du passé. Si on n'apprend pas à croire, il faut toujours apprendre à penser. (...)

Les Etats qui ne mentionnent pas Dieu dans leur constitution sont une minorité en régression. Notre laïcité nous coule de source, ce qui fait de notre République la brebis noire de l'Occident (...). Dans la plupart des démocraties libérales, la liberté religieuse veut dire que chacun est libre de prier Dieu à sa façon et qu'il n'y a pas de religion officielle ou privilégiée.

Chez nous, c'est l'Etat dans son principe qui s'est libéré de Dieu et personne n'a à décliner d'identité confessionnelle", explique Régis Débray qui nous donne ce commentaire :

"Se passer des transcendances révélées exige une autre sorte de transcendance, c'est peut-être là l'impensé de l'idée laïque" ("Le Monde", 11 juillet 1989).

Un "impensé" catastrophique puisqu'il débouche sur l'éclatement de notre société sans Dieu, mais un "impensé volontaire" car ainsi que nous venons de le voir, le laïcisme, c'est la haine de Dieu.

C'est de cette façon que son histoire le révèle, et c'est ainsi que le présentaient ses précurseurs : "Nous nous sommes attachés dans le passé à une oeuvre d'irreligion; nous avons arraché la conscience humaine à la croyance (...). Ensemble, et d'un geste magnifique, nous avons éteint dans le ciel des lumières qu'on ne rallumera plus", expliquait René Viviani (17), en se plaçant délibérément sur le plan métaphysique.

Haine de Dieu que l'on retrouve encore plus clairement exprimée dans la fameuse formule de Jean Jaurès : "Ce qu'il faut sauvegarder avant tout, ce qui est le bien inestimable conquis par l'homme à travers tous les préjugés, toutes les souffrances et tous les combats, c'est cette idée qu'il n'y a pas de vérité sacrée, c'est-à-dire interdite à la pleine investigation de l'homme, c'est que ce qu'il y a de plus grand dans le monde, c'est la liberté souveraine de l'esprit... c'est que toute la vérité qui ne vient pas de nous est un mensonge, c'est que, jusque dans les adhésions que nous donnons, notre sens critique doit rester toujours en éveil et qu'une révolte secrète doit se mêler à toutes nos affirmations et à toutes nos pensées, c'est que, si l'idéal même de Dieu se faisait visible, si Dieu lui-même se dressait devant les multitudes sous une forme palpable, le premier devoir de l'homme serait de refuser l'obéissance et le considérer comme l'égal avec qui l'on discute, non comme le maître que l'on subit. Voilà ce qu'est le sens et la grandeur et la beauté de l'enseignement laïque dans son principe" (18).

C'est le "non serviam" de Satan.



Nicole BURON