Patrie et Nation, sur le mythe français
md (66.119.33.xxx) - 2002-08-29 11:17:03
Patrie et Nation, sur le mythe français
Quelques précisions sur des propos qui n'ont pas été saisis.
Question initiale : peut-on ou non prétendre défendre la population française contre les population immigrée ?
Sans répondre, je dis que cette question soulève un premier point. Existe-t-il un peuple français, en dehors du langage et des plaques d'immatriculation ? A cela certains ont répondu que oui, il existe un peuple, un sang français qui n'acceptera pas de se souiller avec l'étranger et que l'instrument premier de cette sauvegarde, c'est la production frénétique d'enfants. Sans m'arrêter sur les naissances, qu'est-ce que cette "sauvegarde" ?
Cette idée de la sauvegarde, il s'agit de la récurrence d'un vieux mythes, celui de la France nation éternelle.
Dans quel sens prendre le mythe ? Pour essayer de mieux se faire comprendre, on peut alors renvoyer à l'historien Jean de Viguerie qui différence Patrie et Nation.
La nation est une fabrication révolutionnaire, une substitution à l'idée de patrie, un mensonge incroyablement bien incorporée qui a mené le millions de morts malheureux de 14-18, par exemple, un délire qui fait embrasser le drapeau bleau blanc rouge, et salir le Sacré Coeur en l'inscrivant sur ce drapeau ("Les 2 patries"
. Dans la continuité du mythe, l'armée, fausse conception d'un honneur, celui de défendre la République, et ses principes anti-chrétiens, au passage.
La patrie, c'est l'héritage, bien sûr que l'ancien régime et l'exportation de la vocation n'étaient pas l'exportation d'un mythe, il étaient l'accomplissement d'un devoir de mission, celui de la France fille aînée de l'Eglise dont nous avons commémoré récemment la consécration par le roi Louis XIII. L'honneur, c'est le respect et l'entretien de cette mission. Aujourd'hui, cette patrie s'évanouit-elle ? Les structures administratives sur lesquelles elle prennait appui d'effilochent, les territoires matériels qui lui servait d'assise disparaissent (régions).
Alors qu'est-ce qu'il reste ? Pour Jean de Vigurerie (presque) plus rien. Là, il va trop loin. La patrie, c'est un peuple, c'est-à-dire un ensemble de personnes qui ont une mémoire, plus qu'une culture, une mémoire c'est moins sentimental, et qui entretiennent cette mémoire. Un peuple peut ne plus avoir de terre, s'il a sa mémoire, il a tout. Or, Viguerie ne parle jamais de ça, de l'entretien de la mémoire, de l'histoire de ceux qui ont défendu et promu cette mission. C'est de ceux-là dont je me revendique et lorsque je me dis français, c'est de St Thérèse, de St Louis Marie, de St Louis, de cette généaologie, dont je me réclame, et pas d'une culture sentimentale fabriquée de toute pièce. Qu'il n'y en ait qu'un (le dernier des mohicans...) ou 40 millions, peu importe, c'est la transmission de la foi et de ceux qui ont l'ont promue de laquelle je me revendique et c'est tout. Après, s'attacher aux cristallisation matérielle de cette histoire, oui, pourquoi pas, mais dans un second temps (églises, traditions profanes etc. etc.)
L'activité de transmission est donc généalogique, c'est à dire un discours de la genèse, de l'orginine et de la transmision de la foi, qui a ses spécificités, celles française en est une mais s'il n'est pas question de parler de rejeter l'héritage à la manière de Sartre, ou d'un individus gorgé de bien être. Or, la tentation de l'entre-soi et de cultiver l'idée "qu'on est les meilleurs" tenaille, s'environne de cérémoniaux nationalistes juteux qui ne débouche in fine que sur l'oubli et la perte du "fond", au mieux, et au pire sur des discours d'exclusion.