"Date limite", en effet...
Bertrand Décaillet (62.167.176.xxx) - 2002-08-12 22:35:44
"Date limite", en effet...
En effet, il y a un moment extrêmment important dans l'Histoire qui est signe de contradiction, et duquel rien, désormais ne peut être séparé (ou auquel attaché
indifféremment ! La mort de Notre-Seigneur, en effet! Ou plus explicitement encore en ce qui concerne une date de préemption des "figures" : le voile du temple qui se déchire en deux ! - étrange précision tout de même que celle-ci dans l'Evangile!
L'Ancienne Alliance n'a plus de sens (au sens le plus littéral et dynamique du terme) si vous lui enlevez le Messie ! Et s'il n'a plus de sens, l'Exode sort de nulle part et va nulle part...
Notre-Seigneur lui-même donne ce "sens-là" à toute l'Ancienne Alliance : "avant qu'Abraham fut, je suis". A la mort du Seigneur, le temple est détruit, et Notre-Seigneur le reconstruit en trois jours (...). C'est donc que la foi en la résurrection donne une plénitude à toute la liturgie du temple qui était jusqu'ici insoupçonnée, mais néanmoins présente : le temple de Jérusalem était donc beaucoup plus que "le temple de Jérusalem"... et s'il n'était pas beaucoup plus, s'il refuse désormais à être beaucoup plus, c'est qu'il sera beaucoup moins, plus rien! S'il se détache du Christ, alors c'est de sa propre tradition, de son propre "judaïsme" que le juif se sépare. Et pour cela le christianisme le dit "perfide" (qui a passé "à travers" la fidélité...), mais attend aussi sa conversion comme le prélude solennel à la grande Parousie du Seigneur. J'aime beaucoup l'idée de Bloy (Le Salut par les juifs) qu'à la fin, la "chrétienté" devenue apostate sera à nouveau évangélisée par les juifs convertis eux-mêmes, par le fils aîné, mais qui se sera lui-même converti auparavant, évidemment - car la chose n'a rien à voir avec un sentimentalisme d'une "communion" naturalistico-eocuménique" - La Parousie, pensez donc! le Christ-Roi!
Quant à la citation de saint Augustin, il est plus sûr de la lire sans Lovsky, dont elle n'a absolument pas besoin. Il ne s'agit en l'occurrence pas d'un scoop, mais d'une interprétation extrêmement "consensuelle" chez les Pères, à propos de l'enfant prodigue, à tel point que je la dirais volontiers "catholique" ou plus prosaïquement relevant d'un lieu commun!!! et c'est de là (et de l'Apocalypse! tout comme s. Augustin) que Bloy, par exemple, tire son idée.
En revanche Lovsky semble grossièrement confondre antisémitisme et antijudaïsme! Et c'est une "grossièreté" qui signale une certaine incompétence à parler aussi bien de l'un que de l'autre, voire du troisième... Le Christianisme est antijudaïque par nature, pour cette raison que le Judaïsme (dès le royaume de Juda, dès Abraham... avant lequel le Christ est) était en quelque sorte "chrétien", par nature aussi, par toute l'orientation de son identité propre qui est messianique!, et que, ayant failli à cette vocation et à son Messie au moment de la date non pas limite mais de sa réalisation, "au temps de sa visite", il est devenu, par nature, anti-chrétien. Aussi, ce que l'on appelle aujourd'hui "Judaïsme" est synonime d'anti-christianisme. "Le temps de sa visite"! en disant exactement cela, le Christ Notre-Seigneur a pleuré. Oui! il y a un moment dans l'histoire où tout a basculé.
Le judaïsme qui ne reconnait pas le Seigneur est LA religion... mais sans Dieu, ce qui est une sorte d'ignominie particulière.
Demeure pourtant, latente et pleinement chrétienne elle aussi, "l'élection d'Israel" et l'espérance certaine de la conversion à Jésus-Christ avant qu'il ne revienne juger le monde.