Re : Non pas LA solution mais UNE solution...
un catholique - 2002-07-24 03:21:16
Re : Non pas LA solution mais UNE solution...
Je ne pense pas qu'une libéralisation d'un quelconque missel qui n'est pas celui en vigueur soit une bonne chose. Entendons-nous : par libéralisation, j'entends possibilité ouverte à tout prêtre de choisir pour chaque messe le missel qu'il va utiliser. Je comprends tout-à-fait que l'Église souhaite qu'un même missel soit utilisé partout, pour manifester l'unité de l'Église dans la célébration de la messe. Dans la liturgie nous entrons dans la prière de l'Église, il ne s'agit pas d'accomoder celle-ci à sa sauce personnelle, fût-elle apparemment traditionnelle.
Mais, comme je l'ai déjà dit, il est sans aucun doute souhaitable de conserver de manière vivante le missel de saint Pie V, de même que ce pape avait souhaité conserver les rites suffisamment anciens quand il a promulgué son missel (rites dominicain, ambrosien, lyonnais...). Tout cela appartient à la tradition de l'Église, qui ne doit pas être morte mais vivante. Il me paraît d'ailleurs heureux à ce titre que les pères de Chéméré célèbrent dans le rite dominicain, même si je lui préfère le rite romain, que celui-ci soit célébré dans le missel de 1962 ou celui de 1969.
Si je vous suis, pour comprendre le missel tridentin il faut le vivre. C'est possible, je vous l'accorde. Mais d'une part ce n'est peut-être pas nécessaire que chaque prêtre en fasse l'expérience, et surtout cela me semble avoir des inconvénents plus grands que ce qu'on y gagnerait : un prêtre qui déraille ne le fera certainement pas, et ce n'est pas ajouter de la liberté qui me semble la bonne solution dans cette affaire mais plutôt la limiter drastiquement pour réapprendre la soumission à la liturgie.
Le problème des fidèles attachés au missel de 1962 est d'une autre nature. Je ne veux pas entrer ici dans les différences qu'on peut trouver dans leurs motivations, plus ou moins justifiées. S'il leur est trop douloureux d'assister à un messe célébrée selon le missel actuel, il est bon d'autoriser l'usage du missel précédent en suffisamment de lieux ; l'Église doit prendre soin de tous ses enfants. Je pense qu'il est bon que ce soit au sein de paroisses et non dans des chapelles, car c'est l'église paroissiale le lieu où les chrétiens doivent se rassembler pour la messe dominicale. (Et par ailleurs cela favoriserait la diffusion de l'esprit liturgique dans le nouveau missel.)
Pour finir, il y a des endroits où la tradition ne s'est pas interrompue et où le passage au nouveau missel s'est fait harmonieusement, sans ruer dans les brancarts et sombrer dans l'anarchie. Je connais plusieurs endroits ( pas des masses tout de même, mais c'est que je ne pratique pas le tourisme paroissial ) où la messe est célébrée dans le respect de la liturgie romaine, et je vous avoue qu'une messe "de Paul VI" chantée en latin et en grégorien est ce que je connais de plus beau.