Pour revenir sur les questions liturgiques
XA -  2002-07-19 17:52:36

Pour revenir sur les questions liturgiques

Pour revenir sur les questions liturgiques

Je souhaiterais effectuer ici une petite précision au sujet du missel de 1962.
Il me semble que certains débats laissent planer une petite ambiguïté.
Je ne crois pas que quiconque ici exige et demande l’abrogation du missel de 1969.
Non, l’idée est plutôt de laisser le libre choix aux prêtres et aux fidèles catholiques entre l’un ou l’autre des deux missels.
Le problème réside aujourd’hui dans la façon dont est appliqué le Motu proprio Ecclesia Dei.
Il me paraît pour le moins écœurant que des fidèles doivent le plus souvent subir un véritable parcours du combattant pour que les évêques leur accordent ce droit et se plient enfin à la volonté du pape Jean Paul II lorsqu’il leur demande l’application généreuse du Motu proprio précité.
Pour ce qui me concerne, comme je l’ai écrit, je souhaite aller au-delà du débat consistant à savoir si le missel de 1969 est bon ou mauvais, s’il contient de graves lacunes ou non.
J’ai d’ailleurs déjà écrit que le problème résidait surtout à mon avis sur la façon dont il était interprété par les prêtres dans nos paroisses.
A ce titre d’ailleurs, peu m’importe également de savoir s’ils sont ou non de bonne foi.
J’effectue personnellement le constat qu’ils célèbrent souvent des messes où mon âme ne s’élève pas, et où je reste bien humain, accroché à ma chaise, subissant ce qui constitue à mes yeux un simulacre de liturgie orienté vers un Dieu que je ne reconnais pas comme le mien (je n’écris pas que ce n’est pas le mien, j’écris que je conçois pas qu’on puisse ainsi s’adresser à Celui que je considère comme mon Créateur). Les bons conseils de tel ou tel sur la façon de se tenir à la messe, sur la façon d’offrir cette souffrance sont une chose, et je les en remercie. MAIS : pourquoi l’Eglise nous impose-t-elle pareille épreuve, alors même que la simple application du missel de 1962 nous permettrait de trouver une liturgie qui réponde à notre élan vers le Bon Dieu ?

Je reviens donc à ma question initiale.
Peut-on m’expliquer comment un catholique de bon sens peut accepter l’idée que le missel soit autorisé dans tel diocèse mais pas dans tel autre ? Comment tel évêque peut-il décréter qu’une messe dite de saint Pie V sera célébré « le premier dimanche du mois » point à la ligne ?
En quoi une telle question ne pourrait-elle pas être traitée, quitte à faire, au niveau de la Conférence épiscopale française ? Ne serait-ce pas plus simple et même plus logique ?

Non, au lieu de cela, on traite au coup par coup, avec des raisonnements de technocrates, en jaugeant les susceptibilités locales. Quelle foutaise !

Nous ne sommes pas en train de parler de futilité, mais de la foi de milliers de catholiques.
De la possibilité qui peut leur être offerte avec un effort minime d’exprimer cette foi en communion avec l’Eglise tout entière.

Au lieu de cela, on les laisse souffrir et s’aigrir.

Comme me le disait un de nos illustres liseurs, le problème aujourd’hui avec nos évêques, c’est qu’ils n’attendent plus désormais des catholiques qu’ils aient la Foi mais qu’ils leur obéissent.
Ce n’est pas acceptable. Parce que ce n’est pas juste.
Comme il est facile de parler d’obéissance !
On ne peut bien obéir à un chef que lorsque ses directives sont justes et dignes.
Aujourd’hui, je n’ai pas souvent lu de déclaration d’un évêque de France qui refuse la mise en œuvre du Motu proprio dans son diocèse pour des motifs justes et dignes.
C’est le plus souvent confus et maladroit.
Il ne saurait d’ailleurs en être autrement, puisqu’il n’y a pas de raison objective de défendre pareille position.

Ma question reste posée, et j’aimerais entendre l’avis de Xavier Lefebvre à ce sujet, en espérant qu’il me réponde sans s’en arrêter à la grammaire et à la sémantique :

« Pourquoi cette attitude de repli ? Au nom de quoi ? Dans quel but ? Par crainte de quoi ? Pourquoi opposer tel refus aux catholiques attachés au missel de 1962 ? »

XA

PS : je me charge dans les jours prochains d’adresser une lettre officielle, dans le cadre d’un dossier diffusé sur Agoramag, à chaque évêque de France à ce sujet. Je ne manquerai pas de vous tenir informés des suites données à ce questionnaire.