Idem pour l'allégement du jeûne eucharistique...
ATHANASE -  2002-07-18 15:41:27

Idem pour l'allégement du jeûne eucharistique...


Il est intéressant de voir que certaines pratiques ont la vie dure, malgré les infléchissements apportés par l'Eglise. La très vive incitation à la communion fréquente a marqué la vie de l'Eglise et bouleversé des habitudes. L'allégement du jêune eucharistique réduit à seulement 3 heures par Pie XII a lui aussi suscité certaines réticences.

Je sais qu'en Pologne, bien après la décision de 1953, on a continué à jeûner toute la matinée avant la messe malgré les assouplissements.

La question que je voudrais poser est la suivante: les incitations à la communion fréquente n'ont-elles pas renforcé les velléités de réforme liturgique ? De 1910 à 1960, pendant ces quelques décennies, les catholiques ont connu un RITE MEDIEVAL A PRATIQUE ANTIQUE, d'une certaine façon le rite était hybride. Leur piété était médiévale, mais la pratique antique (je schématise bien sûr: la rupture entre Antiquité et Moyen-Age est à nuancer, tant au niveau de l'histoire générale que de l'histoire de la liturgie). A terme, cela ne pouvait-il pas rejaillir sur le rite de la messe lui-même ? La communion fréquente peut changer la perception de la messe, du moins à la longue...

Les historiens qui se pencheront sur la réforme liturgique devront s'interroger sur les réformes et pratiques antérieures... Comme pour le concile Vatican II, comme pour la Révolution française, il faut remonter à la source des problèmes...

Mon opinion personnelle est qu'il faut être prudent sur la communion fréquente: n'aurait-il pas fallu parler de communion régulière ? la recommander sans pousser trop loin ? Nous vivons avec certains effets pervers de pratiques: je suis étonné de voir que dans les paroisses, tant tradis (j'inclus également les lieux de culte tenus par la FSSPX) que conciliaires, les gens communient massivement... Curieusement, le seul endroit où j'ai vu les gens ne pas se "précipiter", c'était en Pologne, il y a quelques années.