Plus ultra
XA -  2002-07-18 13:41:11

Plus ultra

Cher liseur,

Je crois que le problème est bien réel et qu’il serait idiot de se voiler la face.
Dans un pays comme la France, il se dit toujours énormément de messes selon des rites aménagés par autant de prêtres qu’il en reste encore.

On peut le constater, le déplorer… et désirer que cela change, sans pour autant être un fidèle de la Fraternité St-Pie X.
Il suffit selon moi d’être catholique pour s’étonner de constater combien la liturgie est massacrée dans d’encore très nombreuses paroisses de France.
A la manière d’un Golias, il serait intéressant d’effectuer un recensement des paroisses françaises en y observant le type de messe qui y est célébré, le degré d’implication des clercs et laïcs dans l’administration des sacrements, le fonctionnement pratique des équipes liturgiques, etc. Je crains que l’on fasse un constat terrible qui montrerait clairement à quel point les dégâts sont importants.

Il importe bien évidemment d’observer ce qui se fait de bien et de bon dans l’Eglise.
Il est des initiatives heureuses et le plus souvent discrètes. (Cette discrétion est souvent d’ailleurs le plus souvent impérative pour éviter tout sabordage tant de l’intérieur que de l’extérieur.)

Pour ma part, comme le rappelait Josep, je souhaitais au départ me limiter dans mon propos aux messes auxquelles on était susceptible de participer de façon exceptionnelle.
Dans le cadre de ma présente activité professionnelle, j’ai été amené à assister à des messes dominicales dans des paroisses diverses, sans trop savoir a priori où je mettais les pieds ou en étant clairement averti au préalable qu’il me faudrait me « faire violence ».
Ce fut à chaque fois une douleur de constater ce fossé qui pouvait me séparer de ces catholiques, fidèles et prêtres, qui - pourtant - font chaque dimanche (et peut-être même chaque jour pour certains) l’effort d’assister à la messe.
C’est ce fossé qui me rend mal à l’aise.
Par ce qu’il dépasse selon moi le strict cadre de la Forme.

Je suis navré, mais lorsque l’on en entend chanter avec des trémolos dans la voix :
« Ils sont venus les mains ouvertes pour accueillir l’amour.
Ils sont venus chercher des frères pour habiter l’amour.
Ecoute, Ecoute, surtout ne fais pas de bruit,
Etc. »
Vous connaissez sûrement la suite, ou encore :

« Croiser ton regard dans le doute,
Brûler à l’écho de ta voix,
Rester pour le pain de la route,
Savoir reconnaître ton pas.
Trouver dans ma vie ta présence,
Tenir une lampe allumée,
Nana nananèrrrrrrrreuuuu »

Ou encore, limite hérétique :

« Prenons la main que Dieu nous tend
Voici le temps, le temps où Dieu fait grâce à notre terre
Jésus est mort, un jour du temps
Voici le temps, le temps de rendre grâce à notre Père
L’unique Esprit bénit ce temps.
Prenons le temps, le temps de vivre en grâce avec nos frères.

Prenons la paix qui vient de Dieu
Voici le temps, le temps où Dieu fait grâce à notre terre
Jésus est mort, pour notre vie,
Voici le temps, le temps de rendre grâce à notre Père
Son règne est là : le feu a pris,
Prenons le temps, le temps de vivre en grâce avec nos frères.

Prenons les mots que dit l’Amour
Voici le temps, le temps où Dieu fait grâce à notre terre
Jésus est mort, le Livre est lu,
Voici le temps, le temps de rendre grâce à notre Père
Un même Esprit nous parle au cœur
Prenons le temps, le temps de vivre en grâce avec nos frères. »*

(*Paroisse St-Irénée - Lyon - dimanche 30 juin 2002)

Donc oui lorsque j’en entends chanter avec des trémolos dans la voix de tels chants, eh bien ! je me dis que nous ne sommes pas faits du même bois.

Personnellement, je suis tout à fait d’avis de ne pas aller communier à la fin de telles messes.
Non pas que je remette en cause la validité de ces dites messes, mais parce que je ne peux pas m’être préparé dignement à cette communion.
Cela, c’est une chose.

Mais après ?

Après, on fait quoi ?

On retourne dès que possible dans sa petite paroisse ou sa petite chapelle telle qu’on l’aime et on oublie bien vite ce douloureux accident ?

Je ne m’y résous pas.

Une question me vient à l’esprit.
Sans tomber dans une logique tendance vichyssoise, ne serait-il pas de notre devoir d’écrire posément aux curés qui célèbrent de telles messe en leur faisant part de notre souffrance, en en adressant une copie à l’évêque dont dépend la paroisse ?
Ne serait-ce pas une façon de faire entendre notre petite voix ?
Bien sûr, cela demanderait un effort, mais ne peut-il pas avoir du poids ?
Il importe sûrement de se montrer très disciplinés aussi quant aux termes employés, en essayant de faire montre de la plus grande charité, l’idée n’étant pas de « se payer M. le curé », mais bien de faire entendre un son de cloche différent de celui de l’équipe liturgique en place et indéboulonnable.

Qu’en pensez-vous ?

Ad majorem Dei gloriam

Xavier ARNAUD