Aaaaah...les nouvelles messes !
Justin Petipeu - 2002-07-16 22:58:53
Aaaaah...les nouvelles messes !
Que de souvenirs votre excellent message évoque-t-il à mon esprit !!! Maintenant que je suis sorti du caca, je regarde ce passé en riant et me demande comment il a fallu être assez fou pour endurer ces mascarades si longtemps...
Je me rappelle de votre serviteur dans une grande paroisse nantaise à la fin des années 70, au moment de l'Evangile. Raoul, le vicaire de la paroisse, vient d'inviter l'assistance à s'asseoir pendant qu'on dit la "Bonne Nouvelle". L'église était bondée, à l'époque, et je nous revois, nous, la famille Petipeu, 6 personnes debout au milieu de cette immense nef où toute l'assistance s'est assise, évidemment. Celà ressemblait à un bunker sur une plage...tous les dimanches.
Et puis, l'excellent M. V., ami de mes parents, hurler pendant l'offertoire-croupion, du fond de la même immense nef : "lavabo, s'il vous plaît !!!. Effet garanti ! vous devriez essayer !
Je me souviens de l'excellent abbé Vérité, vicaire du regretté chanoine Naulin, démolir la nouvelle traduction française du Pater en 1978. Juste après son homélie, il prit la poudre d'escampette -à vélo, sans doute ; je ne l'ai jamais vu se déplacer en voiture-. On ne le revit plus. Je ne fus donc qu'à moitié surpris d'apprendre plusieurs années après qu'il prêchait maintenant les exercices de St Ignace dans la FSSPX.
Et ce M. L. qui distribuait des tracts à la sortie de sa paroisse pour lutter contre la débandade (eh oui, les 70's, c'était dur dur !). Braqué par son curé, il commence à lui parler du salut des âmes. Qu'avait-il dit là !!!! Le curé furieux lui lance à la figure, en lui montrant l'assistance qui bavardait sur le parvis : "des âmes ! des âmes ! qu'est-ce que c'est que ça ? vous en voyez des âmes, vous ?". Excellent !
Et que dire du service de messe ! Un saint prêtre persécuté par l'évêque vient me voir la mort dans l'âme et me dit tout bas : "il ne faudra plus me saluer après m'avoir encensé, on m'a dit que c'est anti-liturgique". Tragique...Ce vieil aumônier du couvent de la Visitation qui avait pris la suite du chanoine Catta, d'auguste mémoire, eut à subir les assauts progressisants de la nouvelle mère sup'. Il s'essaya à la préface en français. A peine la messe terminée que la moitié des fidèles était dans la sacristie pour lui dire de ne pas céder et de continuer en latin...et c'était comme ça pour tout. Une sorte de guerre des tranchées, un Verdun liturgique où l'on se battait jusqu'au bout pour garder ceci ou celà et où les offensives coûtaient moralement et spirituellement très cher au saint homme...quand j'y repense, je ne sais si je dois rire ou pleurer.
Le sommet fut atteint lorsque les visitandines envoyèrent en pleine grand'messe une collègue en civil pour diriger une foule atterrée par ce sacrilège inouï. Des clercs se levèrent pour s'en saisir mais l'abbé fit signe de se rasseoir...La religieuse ne dirigea pas le chant final car elle voulait partir avant la sortie des paroissiens. Las ! M. B, livreur aux galeries Lafayette de son état et personnage imposant, la rattrapa dans la cour et lui secouant violemment les bras, il lui cracha à la gueule tous les arguments "tradis" qu'il savait -rien que de très classique- avec un volume sonore tel qu'on l'entendait depuis la sacristie. On n'a jamais revu la soeur....Voyez comme ils s'aiment !
Bref, les nouvelles messes : plus jamais ça !