C.C. - 2002-07-06 22:56:18
Re : et j'en conclus
J'ai les poésies de Sainte Thérèse et j'ai lu histoire d'une âme. Je pense que Sainte Thérèse a fait l'expérience comme beaucoup de l'amour de Dieu, mais qu'elle a su l'écrire avec beaucoup de candeur, de fraicheur, de jeunesse, et même de naïveté. Il y a également l'envie de se faire aimer, d'être la plus aimée. Son attitude vis à vis de la mort qu'elle attend comme le moyen de retrouver Celui qu'elle aime est surnaturelle. C'est sans doute cette simplicité qui lui a valu tant de succès. Elle incarne cette toute jeune fille qui se donne avec plein d'amour à Jesus Christ au delà de tout.
Je pense que les progressistes/modernistes apprécient Ste Thérèse en raison de ce "Dieu tout amour" qui pardonne tout et dont ils nous vantent les délices au point que parfois nous en ayons une indigestion. j'avais un ami qui me disait "j'ai une indigestion de ce Dieu dégoulinant d'amour".
La différence avec Sainte Thérèse et ces gens là, c'est que Sainte Thérèse ne tient pas un discours conformiste lorsqu'elle parle de Dieu. Son discours théologique est en conformité avec l'enseignement catholique mais sa relation à Dieu est personnelle et peu conforme à la société de son époque.
Le moderniste à un discours théologique opposé à l'enseignement catholique mais sa relation à Dieu est conditionnée par et subordonnée à la culture de notre société et donc totalement conformiste.
Sainte Thérèse ne cherche pas à réformer la structure, la hiérarchie, ne remet pas en cause l'enseignement de l'Eglise, elle cherche le Salut des âmes par une conversion des coeurs, alors que le moderniste veut toujours plus de réforme et pense que toutes les âmes ont d'avance le Salut et qu'il n'y a nul besoin de se convertir.
Sainte Thérèse passe malgré tout par des moments d'ombre et de ténèbres. Mais sa confiance en Dieu reste totale par amour. Sainte Thérèse est spontanée et ne vit Dieu qu'à la lumière de ses sentiments (qui viennent aussi de son éducation familiale, voir son amour pour son père)
C'est donc de l'expérience que nait la théologie de Ste Thérèse.
Le moderniste fait d'abord sa théologie, sans ombre ni lumière, et cherche ensuite à l'appliquer. C'est la partie expérimentale, qui découle de sa théologie moderniste.
Sainte Thérèse, c'est la sainteté par la petite voie : humilité, vie religieuse, obéissance, acceptation voire délectation de la souffrance afin d'imiter le Christ, sorte d'attirance pour la mort pour mieux approcher Dieu.
Le théologien modernisme aime en général les salons.
Le progressiste/moderniste/libéral utilise Ste Thérèse comme modèle à son enseignement mais c'est son enseignement à lui qui est primordial. Ste Thérèse n'est qu'un outil pour lui. Son enseignement -à lui- doit etre en adequation avec l'idéologie libérale des moeurs de notre monde occidental, à l'opposé de la vie de Sainte Thérèse qui se veut fière de sa virginité et qui s'est retiré du monde, dans son carmel.
Les deux se semblent donc complètement opposés dans leur démarche.