Une page de Chiron à ce propos
Bertrand Décaillet (62.167.208.xxx) - 2002-06-26 18:34:47
Une page de Chiron à ce propos
Voici ce que dit Yves Chiron à propos de l'indult reçu par le Père Pio :
« Cette réforme liturgique ne manquait pas d'inquiéter Padre Pio. Si le Novus Ordo n'entra en vigueur of ficiellement et de manière obligatoire qu'en 1969, soit six mois après sa mort, dès le premier dimanche de Carême de l'année 1965, le 7 mars, furent célébrées pour la première fois des messes en langue vulgaire, selon des textes liturgiques « expérimentaux » dus au cardinal Lercaro et à Mgr Bugnini. Cette liturgie « expérimentale » qui abandonnait le latin et bouleversait la formulation théologique du sacrement ne pouvait rencontrer l'assentiment du Padre Pio Avant même qu'elle ne soit officiellement autorisée, il demanda, le 17 février, de pouvoir continuer à célébrer la messe selon le rite tridentin.
Le cardinal Lercaro, son ami et protecteur en maintes occasions, avait beau être parmi les initiateurs de cette réforme liturgique, elle ne lui disait rien qui vaille. Paul VI accéda bien volontiers à cette demande de Padre Pio et, le 9 mars, il envoyait le cardinal Bacci porter lui-même l'induit autorisant le vieux capucin à célébrer toujours la messe de son ordination. Le choix de Bacci n'était pas anodin. Outre qu'il avait été un des rares prélats à avoir toujours manifesté son soutien et son amitié à Padre Pio aux moments les plus difficiles de la seconde persécution, il avait été aussi pendant le concile - qui allait se terminer quelques mois plus tard - un des animateurs de la tendance conservatrice et un ardent défenseur du rite traditionnel en latin.
Cette autorisation de pouvoir célébrer la messe tridentine jusqu'à sa mort soulagea Padre Pio. Il était inquiet des multiples réformes et nouveautés qui agitaient l'Église et qui attisaient les divisions entre pères conciliaires. Après avoir remercié le cardinal Bacci de cet induit accordé par le pape, il lui dit comme en conseil:
- Le concile, par pitié, terminez-le vite. »
Yves CHIRON, Padre Pio le stigmatisé, Paris, Perrin, 1989. p. 313