Le problème
Bertrand Décaillet (194.209.178.xxx) -  2002-06-24 10:12:20

Le problème

Le problème est que nos évêques, mis à part "L'HOMME" (ses droits, sa dignité, son épanouissement...blablablablablabla....) n'ont plus grand chose à dire... Ne soyez pas cruel: si vous leur enlevez la politique, il ne leur restera tout simplement plus rien. Pourquoi?

Mais parce que la politique c'est ce qu'il reste à la religion, lorsque celle-ci a démissionné le surnaturel. Curieusement, en effet, on a reproché avec véhémence à l'Eglise d'avoir informé la cité terrestre des réalités surnaturelles pendant toute son histoire et en particulier au moyen âge, et voilà que tournant définitivement cette page considérée désormais comme honteuse avec "la nouvelle Pentecôte", on en est venu à se préoccuper uniquement de l'installation terrestre! Religion naturaliste de la faim dans le monde, de l'immigration clandestine, du droit à la différence... etc. etc. et des slogans un peu niais. Aussi, le problème de l'engagement de "l'Eglise" dans la petite politique (du grand soir, des pôvres, des travailleurs, des émigrés... et désormais du parti )depuis les années de l'après-concile, tient uniquement à la perte du sens surnaturel et de la Foi des clercs, et en particulier des évêques.

Perte... et quelquefois rejet objectif et revendiqué tel! Pas de quoi se scandaliser... du politique, mais bien du religieux! Le grand drame est la démission de l'autorité catholique en tant qu'enseignante, et enseignante de la Foi révélée. Depuis quelques années, l'épiscopat catholique (mis à part une ou deux exceptions - qui écrivent occasionnellement et de manière officieuse dans des revues périphériques, comme le relevait Justin plus bas...) prêche une religion naturaliste, qui est grosso modo la religion de Voltaire (tolérance, amoûûûr, et ... éviction systématique de la Tradition catholique, soit dans son histoire, soit dans ses symboles (rites), soit dans le donné révélé, soit dans les gens qui s'en prétendent...) A mon sens, la politicaille des slogans cléricaux, n'est qu'un symptôme, et de loin pas le plus grave...

En revanche, ce qui est assez nouveau et un peu (beaucoup) pervers, c'est lorsqu'on en vient, pour faire de la mauvaise politique, à reconvoquer l'Evangile à gros traits, à prétendre s'appuyer sur les valeurs de l'Evangile, sans se rendre compte que l'on emprunte ces mêmes "valeurs" à la libre pensée du 18e siècle ! Là, il y a problème d'intelligence objective, voire de bête culture, et confusion des sources; disons même qu'il y a franchement mensonge et perversion, même si tous les menteurs n'ont pas forcément conscience d'en être.

in Christo
Bertrand