Je constate que cette déroute permet au petit peuple parisien de donner enfin libre carrière à sa verve ironique, de conchier les joueurs, l’entraîneur, de stigmatiser la nullité de l’équipe, la faillite du système, la corruption généralisée, le foutage de gueule des uns et des autres, le pognon roi. Le bons mots ne manquent pas, les sarcasmes et les plaisanteries fusent. Tout y passe et c’est à nouveau un plaisir d’écouter les conversations de bistrot. On retrouve le sourire, on se marre, on ose des comparaisons avec les équipes les plus nullisimes du mondial, on ironise sur tout, on se délecte du fiasco et Paris retrouve de la fraîcheur. L’équipe de France, jadis admirable, n’est plus composée que de vieilles moules mal farcies, de femmelettes à corriger, de vieillards croulants, de divas à enterrer. Le verdict populaire est impitoyable. Pendant quatre ans il a fallu composer face à cette équipe une attitude respectueuse. C’en était trop. On étouffait. L’asphyxie était imminente… Vite des défaites, de l’air… Puis le miracle… Oh la magnifique déculottée… Rien que pour nous… C’est pas possible… La voilà ! Quelle libération ! Ouiiii…. On va pouvoir vous en foutre plein la gueule…On va tout lâcher… Des mois de frustration enfin récompensés. Ouf… On se sent mieux maintenant…