Lavement des pieds
Ignace -  2002-06-05 17:35:46

Lavement des pieds

Evidemment, un "ministre" (du culte -tout comme en politique d'ailleurs-), c'est un serviteur, d'accord.

Il n'est pas question d'idôlatrer le prêtre. Il a beau est ordonné, il n'en reste pas moins humain, on le constate malheureusement avec les "affaires". Je fais clairement une distinction entre la personne et sa fonction.

C'est pour cela que je trouve l'habit ecclésiastique est quelque chose d'intéressant, car la personne du prêtre s'efface devant ce pour quoi il a été appelé (vocatus), dans le cadre liturgique bien sûr, mais également dans la vie de tous les jours : un prêtre ne travaille pas de 9.00 à 16.00 heures comme un fonctionnaire !

Qu'il vive comme un prince et dans le luxe, bien sûr que cela n'est pas très vertueux, ce n'est pas cela que je veux dire.

"Si ces gens avaient été humble et doux de coeur comme le Christ, ils se seraient dépéchés d'enlever leurs vêtements somptueux en raison justement de leur dignité cléricale qui doit être l'exemple type d'un don de soi et l'auraient donné au pauvre."

Certes, l'amas de richesses par l'Eglise est un danger, qui a, dans l'histoire de l'Eglise, donné lieu à plusieurs réformes (p.ex. celle de Cluny), et je ne pense pas que c'est en leur donnant une vie de luxe/luxure que nous aurons de saints prêtres (et de saints fidèles tout court!), mais il y a autre chose dans mon approche.

Pourquoi ne pas offrir des oeuvres d'art à notre seigneur, pourquoi ne pas décorer son Temple (l'église, les vêtements liturgiques) ?

Vous parlez de distribuer les richesses de l'Eglise pour les donner aux pauvres. Fort bien. Je vous rappelle que l'Eglise Catholique a été expropriée pour cela après l'Ancien Régime. Depuis, elle a repris une partie de ses biens, mais, ce qui est intéressant, c'est que les lieux de culte et les ministres "tradis" n'en voient pas beaucoup la couleur, de cet argent ou de ces richesses, même chez moi, en pays "concordataire" (je vous en parlais dans le message dont vous avez répondu à la première partie du post-scriptum -merci d'ailleurs!-).

Donner au pauvre interdit-il de donner au culte ? Si on pousse ce raisonnement jusqu'au bout, autant ne rien donner au culte (ni à la culture, ni à ceci ni à cela), car il y aura toujours plus pauvre que soi, hélàs, c'est comme cela depuis qu'il y a des hommes sur cette planète.

D'autre part, les pauvres eux-mêmes aiment aussi les belles choses et aiment aussi offirir de belles choses. Bête illustration, qui vaut ce qu'elle vaut : les millions de pauvres au Brésil qui épargnent toute l'année pour sortir costumes et paillettes lors du carnaval ! Voulez-vous le leur interdire ?

Que faites-vous lorsqu'une personne que vous aimez beaucoup vient vous rendre visite : vous nettoyez la maison, vous achetez de la bonne nourriture, du bon vin, vous décorez l'habitation, vous vous habillez bien, vous lui chantez ou jouez quelque chose (en tout cas, dans ma famille musicienne c'est ce qu'on fait ).

C'est vrai, vous ne lui demandez pas de vous laver les pieds. Mais attention, personne n'a demandé à Jésus de laver les pieds de quiconque, c'est lui qui a spontanément pris l'initiative. S'il vient nous laver les pieds, s'il vient nous aider même si nous ne l'avons pas demandé, nous ne pouvons le refuser, mais ce n'est pas à nous non plus de le siffler comme un boy, je pense que vous en conviendrez.

Et d'ailleurs, il faut faire attention avec les lectures au premier degré (c'est un tradi intégriste méchant et dangereux qui vous le dit )

Gogito.

(à propos : tous les célébrants procèdent-ils au lavement des pieds prévu dans la semaine sainte ou "sautent"-ils ce "rituel" chez vous ?)