C'est en effet de l'acharnement. je crois que Mgr Bertolucci avait donné une interview tout à fait intéressante dans "30 Jours" à l'époque... Quelqu'un l'a peut-être?
Pour ma part et si vous me permettez la confidence, je goûte tout particulièrement des phrases comme celle-ci:
"Aujourd'hui, la musique sacrée est tiraillée par la directive de 1967 qui confirme les Scholae Catorum à condition que le peuple ne soit pas exclu du chant. Quant à savoir comment une telle synthèse soit praticable, cela demeure un mystère de la Sainte Eglise Romaine."
hm...
Reste que la Chapelle Sixtine était un retranchement et un symbole : qu'en est-il du reste du monde catholique ???
Culturellement parlant (sans parler de la Foi) ce qu'on a détruit en 40 ans relève d'une barbarie qui est proprement criminelle et qui n'a de comparable, dans la crispation et dans les méthodes (livres de choeurs brûlés, mise à au banc des gêneurs, tapage médiatique, cléricalisme frondeur de l'animateur-curé... micro, effet de lumière et sono en main) que les grands mouvement motivés par les idéologies "de masses" fameuses: Kulturkampf ou asservissement bolchévique de "l'art" à la cause... par exemple, avec "retraite" anticipée à la clé du côté de la Sibérie ou ... de "l'excommunication" (sens figuré ou propre).
Nos prélats parlent beaucoup de "l'homme", on a même évoqué "le culte de l'homme", mais de fait on en a eu un mépris spectaculaire... tout comme on a méprisé notre histoire sans état d'âme, inventant de toute pièce bien des "vérités historiques" pour le service de la cause.
Heureusement, désormais, l'autorité catholique s'étant discréditée (hélas!), l'Histoire et les artistes eux-mêmes "indépendants" (que l'on pense seulement au mouvement "musique ancienne" qui nous disent un peu quel fut la Foi de notre histoire...), dégagés des contraintes du culte (et de quelques autres choses encore...), leur donnent quelques leçons d'honnêteté, voire de théologie... et ce grâce à l'héritage de notre histoire qu'ils s'appliquent à redécouvrir avec un zèle et un scrupule authentiquement scientifique et libre.
Reste que, humainement, tout est par terre et par conséquent perdu! Rien ne sert, désormais, de partir en guerre, pour un petit bon de latin en plus à l'église ... ou un concert de grégorien au théatre.
Pour reconstruire désormais, il ne suffira plus de "chanter un peu de grégorien", mais il faudra tout reprendre à la base, et dans la cohérence d'un culte qui doit réaffirmer son theocentrisme, et partant de là, l'harmonie de son langage culturel référé à cette réalité-là.
La Culture sacrée est un fruit, le fruit de la Foi et le fruit de la sainteté des actants de la liturgie. Ce fruit ne doit pas être recherché pour lui-même, mais c'est la Foi qu'il faut chercher, et la sainteté qu'il s'agit de simplement "défendre et illustrer". La beauté, alors, manifeste comme malgré elle, comme sans faire expres, comme de surcroit "la seule gloire de Dieu" et la plénitude du bien.
In Christo
BD