Voici la traduction d'un article de l'Espresso, l'hebdomadaire italien bien pensant. Il montre qu'aucun des domaines de la liturgie n'aura été épargné par Vatican II.
Il existe un compositeur de musique sacrée qui a fêté ses 85 ans le 7 mai 2002. Cet excellent musicien est Mgr Domenico Bartolucci, directeur de la chapelle Sixtine de 1956 à 1997 mais qui se considère toujours le dernier successeur de l'illustre Palestrina, étant donné qu'il avait été nommé par Pie XII "ad vitam eternam", selon la tradition.
Or, Mgr Bartolucci fut démis de sa charge il y a cinq ans, sans que son âge ne le justifie, lorsque l'on constate son actuelle vigueur à diriger, composer, partit en tournées dans le monde. Si la nouvelle n'avait recueilli que peu d'échos à l'apoque, elle a touché en fait un des éléments les plus sensibles de l'église post-concilaire.
Les artisans de cette expulsion furent les tenants de la liturgie de masse, chère à Jean-Paul II, depuis le card. Noé à Mgr Marini, actuel maître de cérémonie au Vatican. Tandis que les principales critiques de cet évènement provinrent du card. Ratzinger, ce qui témoigne de l'importance de cet évènement.
Lorsqu'on lui évoque la soirée rock de Bologne avec jean-Paul II et Bob Dylan, Mgr Bartolucci explose : "A la place du card. Biffi (l'évêque de bologne), j'aurais démissioné". C'ets pourtant lui qui a été démissioné, et remplacé par un étranger venant de Sicile, Mgr Liberto. Selon M. Ballola, critique musical renommé et diacre de l'Eglise de Rome, il s'agit du "dernier signe de rupture voulu par Rome en matière de musique liturgique". "Même le card. Ratzinger le reconnaît dans son dernier livre; l'origine du mal actuel dans l'Eglise provient de la rupture de Vatican II avec la Tradition, rupture qui, selon Ratinger, ne pouvait avoir que des conséquences tragiques" "Résistez Monseigneur" disait Ratzinger en 1996 à Mgr Bartolucci. Inutile. Quelques mois plus tard, il l'ont mis dehors.
Mgr Liberto, nouveau Maître de la Sixtine esquive la polémique. Il prétend n'avoir pas lu le dernier livre de Ratzinger. Même pas les quelques pages qui ont fait tant de bruit ? "Non, même pas celles-là". Même pas ses essais sur la musique sacrée, recueillis dans le livre "Cantate al Signore un canto nuovo?" "Non? Je n'ai vraiment pas eu le temps".
Etrange, car il n'est pas un expert de musique sacrée qui ne les ait parcourus. Outre que "super-docteur", Ratzinger est connaisseur en musique sacrée. Son frère, Georg, a été pendant trente ans maître de chapelle de la cathédrale de ratisbonne, dernier bastion de la musique sacrée à l'époque, avec la chapelle Sixtine, contre les assauts des post-concilaires.
La lecture opposée provient de l'évêque de Milwaukee, Rembert Weakland. Pour lui, la "dévastation" provient plutôt de l'indult sur la messe tridentine, concédé par Jean-Paul II, et qui a donné l'impression que l'on pouvait faire marche arrière sur tout le concile V2.
Aujourd'hui, la musique sacrée est tirailllée par la directive de 1967 qui confirme les Scholae Catorum à condition que le peuple ne soit pas exclu du chant. Quant à savoir comment une telle synthèse soit praticable, cela demeure un mystère de la Sainte Eglise Romaine. Au final, il ne reste à la Chapelle Sixtine que les temps morts des célébrations de masse, dans lesquels enfiler quelque polyphonie ou fragment de grégorien. Des magnifiques messe polyphoniques de Palestrina, n'en parlons même plus. Archivées.
A liverse, Mgr Liberto a gagné ses galons dans le domaine des litugries de masse à tel point que JP II l'a nommé dès 1996 à la tête de la chapelle sixtine. Dès que la nouvelle fut connue, ce fut un tollé parmi les hommes de métier : l'Académie de Ste Cécile protesta par écrit au Vatican ses craintes de voir perdu l'incommensurable trésor religieux et artistique. Le maître Riccardo Muti s'associa à ces protestations. Mais le Vatican ne voulut rien savoir, pas même l'avis de l'Istitut de Musique Sacrée, le "conservatoire de l'Eglise de Rome".
Le point central est que le contexte est changé. La Chapelle Sixtine est, de par son statut, la chapelle des messes du pape. Or celui-ci a opté depuis longtemps pour des messes à grands rassemblements, qui nécessitent des acclamations de masse.