il ne s'agit pas de ma propre opinion, mais de celle de l'Eglise à travers Nostra Aetate, ou en tous cas, une certaine interprétation de Nosta Aetate.
Le Père Jean Dujardin, oratorien, ancien
secrétaire du Comité épiscopal pour les relations avec le judaïsme m'a écrit une lettre de sa main. Je cite de mémoire : "que nous ayons à convertir les juifs, je ne le pense pas, dans la mesure où c'est nous qui avons été l'objet de la querelle entre Dieu et son peuple". Grosso modo, l'élection d'Israël demeure. C'est Israël qui a (avait ?) pour mission de donner le Christ au monde, à nous païens et non l'inverse.
Je sais que c'est un raisonnement qui paraît difficile, mais il est prophétique. Il s'agit de changer notre vision de l'histoire du salut : non comme une substitution de l'Eglise à Israël, mais comme une amplification d'Israël vers les païens, via l'Eglise. Quant à dire qu'Israël est damné à cause de sa non reconnaissance de Jésus comme le Messie, je crois que ce simplisme est digne d'une époque où l'on considérait le salut au niveau du peuple. Sans tomber dans l'individualisme, les quelques 19 siècles de christianisme qui nous ont précédé peuvent nous faire aujourd'hui, à la suite de Jean de la Croix : au soir de la vie, nous serons jugés sur l'Amour. Jésus a dit "les publicains et les prostituées vous précèdent dans le royaume de Dieu". Il aurait pu dire "les athées, les franc-maçons et les juifs", sans pour autant enlever le caractère pécamineux au vol, à la prostitution, à l'athéisme et au refus du Christ.
Je pense qu'il faut arrêter de regarder les autres par rapport à une certaine loi ou pureté catholique. C'est exactement le comportement des pharisiens. Jésus dit d'ailleurs d'eux que nous devons faire ce qu'ils nous disent, mais non les imiter. La loi est bonne, mais il faut cesser de juger tout le monde par rapport à cette loi, car la mesure dont nous nous servons pour juger les autres servira aussi pour nous.
Je ne donne pas cher du "salut" de quelqu'un qui prétend que tous les juifs sont damnés.
Pour revenir à Israël dans le plan de Dieu, je propose en guise d'ouverture que nous réfléchissions à ceci : que serait devenu le Christianisme si le peuple juif n'avait pas perduré ? et les questions corrélées : qu'est-ce qu'être juif ? Est-ce "compatible" avec la foi chrétienne, etc.
bien à vous
Nicoco