Le m. p. n'a pas valeur de sanction.
Bertrand DECAILLET -  2002-05-29 11:26:40

Le m. p. n'a pas valeur de sanction.

Le texte du Motu Proprio ne constitue pas un acte de jugement en tant que tel de l'acte qui y est dit "schismatique". De fait, il ne fait que prendre acte d'une sanction qui, selon le Droit Canon, est appliquée "latae sententiae" (ipso facto). La nuance est de taille: cela signifie que si la condamnation latae sententiae n'était pas sanctionnante (en raison par exemple d'une infirmation du "mécanisme" latae sententiae - par exemple à cause de l'"état de nécessité" invoqué - "même de façon subjective" - par le "contrevenant") le m. p. du Pape ne suffirait pas alors à rendre effective cette condamnation, quand bien même il en prendrait acte (à tort) et le citerait. Vous comprenez...? la chose n'est donc pas si simple et l'étude de SI SI NO NO, si elle n'a pas convaincu Rome (pour qui d'ailleurs la levée des sanctions ne posait aucun problème l'année dernière... – ce qui veut dire que là aussi il faut faire montre de plus de prudence dans les affirmations), Rome ni personne à ma connaissance, n'a été capable non plus de la contredire. Donc, jusqu'à preuve du contraire, "l'excommunication" n'est qu'un épouvantail à moineau, rien de plus.


Pour le reste je suis complètement d'accord avec vous! J'ai moi-même oeuvré très activement dans une paroisse déservie par ce type de vieux prêtres à Genève, pendant 7 ans, et avec, très sincérement, un zèle nourri par une perspective de Foi – et il en fallait! Hélas, ces prêtres-ci n'avait certainement pas le foi de celui que vous citez, - et tant mieux pour celui-là, que l'autre "dur de dur" a eu tort de mésestimer... Résultat nous faisions tout, dans ce contexte, et parfois même nous devions assumer le rôle de la "direction" spirituel auprès de fidèles un peu désemparés... ce qui m'a tout de même amené – à force d'impuissance - à me poser des questions sur mon rôle de laïc, et en regard, à reconsidérer ce qu'était, pour Mgr Lefebvre, la nécessité : le rôle du prêtre, le besoin du prêtre, la nécessité du prêtre pour le salut des âmes. J'ai relu tous ses livres, et j'ai compris non seulement son bon droit, mais son devoir! – et partant l'état de nécessité, pour moi en tout cas, ne relève pas d'une spéculation intellectuelle : j'ai essayé le m.p. jusqu'au bout et j'en suis revenu.


Le problème, ce n'est pas le fait d'être "pur et dur", mais bien de garder la tête froide et rester lucide sur les principes. La question du bon droit de la FSSPX est par conséquent une question théologique, en effet, et non pas d'autocélébration des uns et de flagellation des autres - ou l'inverse. Comme disait Justin un de ces jours, la ligne de démarcation n'est certainement pas là où la tentation du parti a toujours envie de la placer, mais bien sur le plan des valeurs en jeu, et partant - encore une fois - des moyens de salut: les sacrements, la doctrine, les aides effectives (écoles etc.).

Les gens, et le jugement plus ou moins "affectif" que l'on peut porter sur les uns ou les autres, c'est autre chose, c'est même la plupart du temps le grand quiproquo, hélas, et des bons, des saints prêtres - Deo gratias ! - on en trouve partout où le coeur répond généreusement à la grâce! et c'est la plus belle preuve que le Christ n'abandonne pas son Eglise en dépit de l'autorité qui lui est infidèle.

In Christo
BD

Ps. le but et les moyens: en effet, l'Eglise n'a tout simplement pas le droit de priver les âmes des moyens de salut. Par conséquent, elle sort de son droit, lorsqu'elle (les hommes d'église) conduit les âmes à perdre la foi... L'obéissance reste subordonnée à la finalité, quoi qu'il arrive, qui est le salut. L'Eglise elle-même est un "moyen".