b)
Justin Petipeu -  2002-05-24 09:33:25

b)

1°) Il ne s'agit pas d'une ingérence de l'Etat...Il s'agit de savoir si les Etats et leurs lois doivent être inspirés par la religion catholique ou non. Depuis St Paul, la position de l'Eglise n'a jamais varié à ce sujet.
St Pie X dans "Vehementer nos" : "Qu'il faille séparer l'État de l'Église, c'est une thèse absolument fausse, une très pernicieuse erreur. Basée, en effet, sur ce principe que l'État ne doit reconnaître aucun culte religieux, elle est tout d'abord très gravement injurieuse pour Dieu, car le créateur de l'homme est aussi le fondateur des sociétés humaines et il les conserve dans l'existence comme il nous soutient.
Nous lui devons donc, non seulement un culte privé, mais un culte public et social, pour l'honorer.
En outre, cette thèse est la négation très claire de l'ordre surnaturel ; elle limite, en effet, l'action de l'État à la seule poursuite de la prospérité publique durant cette vie, qui n'est que la raison prochaine des sociétés politiques, et elle ne s'occupe en aucune façon, comme lui étant étrangère, de leur raison dernière qui est la béatitude éternelle proposée à l'homme quand cette vie si courte aura pris fin."

C'est clair, non ? Il ne s'agit pas de confondre les pouvoirs temporel et spirituel, mais l'action de l'Etat doit être inspirée par la Vérité.
En 1978, lorsque le pape Jean-Paul II a été intronisé, il restait environ 40 concordats qui assuraient à l'Eglise une position privilégiée dans ces pays, position à laquelle elle a droit. Tous ces concordats ont été dénoncés unilatéralement par le Vatican au nom de la liberté religieuse, rejetant de facto ces Etats dans la laïcité, voire le laïcisme.

2°) Il me semble quant'à moi que la république française dispose aujourd'hui d'autant de pouvoir dans la nomination des évêques que la monarchie. L'Eglise n'est pas plus "libre", contrairement à ce qu'en pensent nos évêques ! Et si le pouvoir de Rome s'est renforcé au long de l'Histoire, c'est surtout parce que l'Eglise a révélé des dogmes tels que l'infaillibilité pontificale et que l'extension du catholicisme a nécessité un gardien plus fort de l'unité dans la confession de la Foi.

3°) Vous êtes sans doute le seul à ne pas avoir lu l'homélie du père Cantalamessa du vendredi saint dernier. Oh bien sûr ! ce document ne fait pas autorité, mais il est éclairant pour comprendre où en est rendue Rome sur ce sujet précis. Vous la trouverez sur Zenit au 29/03/2002. On peut notamment y lire :"La préoccupation pour le moment est de reconnaître aux autres religions une existence non seulement de fait, dans le plan divin du salut, mais aussi de droit, de façon à retenir qu´elles sont non seulement tolérées, mais aussi positivement voulues par Dieu, comme l´expression de l´inépuisable richesse de sa grâce et de sa volonté que tous les hommes soient sauvés."

Ce n'est plus de l'oecuménisme...C'est la reconnaissance des autres religions comme d'origine divine et porteuses du Salut comme le catholicisme. Il y a au moins 258 papes qui se retournent dans leur tombe !

4°) Vous avez raison ; l'indult date de 1984 ; mais reconnaissez que personne n'en a profité jusqu'en 1988 (à part Fontgombault). Etla FSSPX n'a que cette ambition, cher monsieur ! c'est une oeuvre d'Eglise au service de l'Eglise, même si comme l'a écrit Mgr Fellay, les apparences sont parfois contre nous.