Question délicate
Frédéric Ronga -  2002-05-23 18:12:49

Question délicate

   En attendant une éventuelle réonse plus complète des ténors de ce forum, voici un début de réonse sur cette question, délicate à plusieurs points de vue. Le risque de mettre de l'huile sur le feu (de la Charité, bien sûr...) étant important, je vais tâcher d'être neutre.

   Les points de divergence fondamentaux remontent au concile Vatican II, préaré par une lente réforme de la philosophie, de la théologie et de la liturgie. Le concile n'a fait que rendre patent une situation qui, sans doute, existait déjà. Les principales doléances de la Fraternité sont celles que présenta Monseigneur Lefebvre à l'éoque déjà, en union avec d'autres pères du conciles. Elles concernent la liberté religieuse, la collégialité et l'oecuménisme, ainsi que la réforme liturgique initiée en marge du concile.


   Ces points de divergence n'ont pas disparu aujourd'hui, en déit d'efforts nombreux de part et d'autre, efforts qui semblent même aller croissant. La récente réunion d'Assise a au contraire ravivé les divergences sur l'oecuménisme.


   Ceci étant dit, les rumeurs d'un accord ont fait beaucoup de bruit l'année dernière. Les raisons de sa suspension sont multiples. Il faut préciser, cependant, que la Fraternité avait posé comme préalables nécessaire à cet accord deux conditions : la levée des sanctions qui la touchent et la liberté, pour tout prêtre, de dire la messe dite de saint Pie V. La Fraternité souhaitait en effet s'assurer le soutien de Rome dans son combat pour la Tradition.

   Etonnamment, ce n'est pas la première condition qui posait problème, mais la seconde. Il semble que ce soit notamment l'éiscopat français qui se soit alors opposé fermement à l'accord. En outre, la publication de l'étude intitulé « Le problème de la réforme liturgique », jeta de l'alcool sur le feu. En particulier, elle délut fortement au Cardinal Ratzinger.


   Il semble donc bien que les points de divergence fondamentaux subsistent. Or, la Fraternité ne désire pas obtenir un simple accord pratique sans pouvoir discuter, aussi librement que possible, de ces problèmes de fond qui constituent l'essentiel de son combat.


   J'ajoute pour terminer ces quelques considérations que, de son point de vue, la Fraternité est toujours romaine, qu'elle professe son amour du pape (et le prouve en priant pour lui comme la liturgie le permet et le requiert), et qu'elle se considère comme partie intégrante de l'Eglise. Elle ne voit donc aucune urgence à un accord boiteux qui l'empêcherait de mener sa mission dont la nécessité semble confirmée par de nombreux faits.

 In Christo.


   Frédéric Ronga