"Des hommes opiniastres, et méchans"
Rémi Pau -  2002-05-22 20:52:59

"Des hommes opiniastres, et méchans"

Concile de trente, Session XII
qui est la troisième tenue sous Jules III. Souverain Pontife, le 11 Octobre 1551.


Décret du Tres-Saint Sacrement de l'Eucharistie.


LE Saint Concile de Trente, Oecuménique, & Général, légitimement assemblé sous la conduite du Saint Esprit ; le mesme Légat, & les mesmes Nonces du Saint Siege Apostolique y présidant : Quoy-que dans la convocation, dont l'heureux succés ne peut estre attribué qu'à une conduite, & une protection particuliere du Saint Esprit, il ait eû pour dessein général, d'exposer la doctrine ancienne & véritable touchant la Foy, & les Sacremens ; & de remédier à toutes les Hérésies, & à tous les autres grands desordres, par lesquels l'Eglise de Dieu se trouve miserablement agitée, & divisée en plusieurs & différens partis : Il est vray néanmoins, que dés le commencement, son souhait, & son dessein particulier, a esté d'arracher jusques à la racine, cette Yvraye d'Erreurs éxécrables, & de Schismes, qu'en ce déplorable siecle, l'ennemi a semé dans la doctrine de la Foy, l'usage, & le culte de la Sainte Eucharistie, que nostre Seigneur a cependant laissé exprés dans son Eglise, pour estre comme le symbole de cette union, & de cette charité, dont il a voulu que tous les Chrestiens fussent joints, & unis ensemble. Le Saint Concile déclarant donc icy, touchant cét auguste, & divin Sacrement de l'Eucharistie, la doctrine saine & sincere, que l'Eglise Catholique a toûjours tenuë, & qu'elle conservera jusques à la fin des siecles ; en ayant esté instruite par Jesus-Christ mesme, nostre Seigneur, & par les Apostres ; & éclaircie par le Saint Esprit, qui de jour en jour luy inspire, & luy découvre toutes les véritez ; Interdit, & défend à tous les Fidelles, de croire, d'enseigner, ou de prescher, touchant la Sainte Eucharistie, autrement qu'il est expliqué, & défini dans le présent Decret.



C H A P I T R E I.


De la présence réelle de nostre Seigneur Jesus-Christ dans le Tres-Saint Sacrement de l'Eucharistie.

EN premier lieu, le Saint Concile enseigne, & reconnoist ouvertement, & simplement, que dans l'auguste Sacrement de l'Eucharistie, aprés la consécration du pain, & du vin, nostre Seigneur Jesus-Christ, vray Dieu, & homme, est contenu véritablement, réellement, & substantiellement, sous l'espece de ces choses sensibles : Car il ne répugne point que nostre Sauveur soit toûjours assis à la droite du Pere dans le Ciel, selon la maniere naturelle d'éxister ; & que néanmoins en plusieurs autres lieux il nous soit présent en sa substance sacramentellement, par une maniere d'éxister, qui ne se pouvant exprimer qu'à peine par parole, peut néanmoins estre conceûë par l'esprit éclairé de la Foy, comme possible à Dieu, & que nous devons croire tres-constamment. Car c'est ainsi que tous ceux de nos Prédécesseurs qui ont esté dans la véritable Eglise de Jesus-Christ, lors qu'ils ont traité de ce Sacrement tres-Saint, ont reconnu, & professé ouvertement, que nostre Rédempteur institua ce Sacrement si admirable dans la derniere Cene ; lors qu'aprés la bénédiction du pain, & du vin, il déclara en termes clairs & précis, Qu'il leur donnoit son propre Corps, & son propre Sang. Et ces paroles rapportées par les Saints Evangelistes (Matth. 26. 26. Marc. 14. 22. Luc. 22. 19.), & depuis répétées par Saint Paul (I. Cor. 11. 23.), portant en elles-mesmes cette signification propre, & tres-manifeste, selon laquelle elles ont esté entenduës par les Peres : certes c'est un attentat insupportable, que des hommes opiniastres, & méchans, osent les détourner selon leur caprice, & leur imagination, à des explications métaphoriques, par lesquelles la vérité de la Chair, & du Sang de Jesus-Christ est niée, contre le sentiment universel de l'Eglise ; qui estant comme la colonne, & le ferme appuy de la vérité, a détesté ces inventions d'esprits impies, comme des inventions de Satan ; conservant toûjours la mémoire, & la reconnoissance qu'elle doit pour ce bienfait le plus excellent qu'elle ait receû de Jesus-Christ.

C H A P I T R E IV.


De la Transsubstantiation.

ET parce que Jesus-Christ Nostre Rédempteur a dit, que ce qu'il offroit sous l'espece du pain estoit véritablement son Corps ; pour cela il a toûjours esté tenu pour constant dans l'Eglise de Dieu, & le Saint Concile le déclare encore de nouveau, que par la consécration du pain, & du vin, il se fait une conversion, & changement de toute la substance du pain, en la substance du Corps de Nostre Seigneur ; & de toute la substance du vin, en la substance de son Sang : lequel changement a esté fort à propos, & fort proprement nommé par la Sainte Eglise Catholique, Transsubstantiation.

C A N O N I.

SI QUELQU'UN nie, que le Corps & le Sang de Nostre Seigneur Jesus-Christ, avec son Ame, & la Divinité, & par consequent Jesus-Christ tout entier, soit contenu véritablement, réellement, & substantiellement au Sacrement de la Tres-Sainte Eucharistie ; mais dit, qu'il y est seulement comme dans un signe, ou bien en figure, ou en vertu : Qu'il soit Anathême.




C A N O N II.

SI QUELQU'UN dit, que la substance du pain, & du vin, reste au Tres-Saint Sacrement de l'Eucharistie, ensemble avec le Corps, & le Sang de Nostre Seigneur Jesus-Christ ; Et nie cette conversion admirable, & singuliere de toute la substance du pain au Corps, & de toute la substance du vin au Sang de Jesus-Christ ; ne restant seulement que les especes du pain, & du vin ; laquelle conversion est appellée par l'Eglise Catholique, du nom tres-propre de Transsubstantiation : Qu'il soit Anathême.




C A N O N III.

SI QUELQU'UN nie, que dans le vénérable Sacrement de l'Eucharistie, Jesus-Christ tout entier soit contenu sous chaque espece ; & sous chacune des parties de chaque espece, aprés la séparation : Qu'il soit Anathême.




C A N O N IV.

SI QUELQU'UN dit, qu'aprés que la Consécration est faite, le Corps, & le Sang de nostre Seigneur Jesus-Christ n'est pas dans l'admirable Sacrement de l'Eucharistie ; mais qu'il y est seulement dans l'usage, pendant qu'on le reçoit, & non auparavant, ni aprés ; & que dans les Hosties, ou parcelles consacrées, que l'on réserve, ou qui restent aprés la Communion, le vray Corps de nostre Seigneur ne demeure pas : Qu'il soit Anathême.

C A N O N VIII.

SI QUELQU'UN dit, que Jesus-Christ présenté dans l'Eucharistie, est mangé seulement spirituellement, & non pas aussi sacramentellement, & réellement : Qu'il soit Anathême.

http://membres.lycos.fr/lesbonstextes/menu.htm



La vraie question est: que fait ce texte dans un presbytère?

Joie de croire et joie de vivre à vous, cher Matthieu!