Quelques mots aux pélerins de Paris-Chartres
Justin Petipeu -  2002-05-15 00:20:42

Quelques mots aux pélerins de Paris-Chartres

Chers amis qui allez marcher de Paris à Chartres,
Ces quelques mots ne sont en aucun cas amers et ne se veulent propices à aucune polémique.
Que le pèlerinage de Notre Dame de Chrétienté ait pris pour thème la "chrétienté", justement, est une bonne chose. C'est une intention à laquelle je m'associe pleinement.
Néanmoins, vous allez être accueillis, ici ou là, par des évêques qui vous tiendront certainement de beaux discours, qui auront sorti à l'occasion de votre passage, leur col romain et leur chasuble brodée d'or.
N'en soyez pas dupes !!!
Quoi qu'en pensent certains, il s'est passé quelque chose dans notre pays le 21 avril dernier. Ce quelque chose a été susceptible de remettre en cause un certain ordre établi : un athéisme officiel, virulent, et agressif ; une morale publique basée sur l'hédonisme, l'égoïsme, et ce qu'il faut appeler un crime. Cet ordre-là a eu des défenseurs sans surprise : la franc-maçonnerie, les philosophies communisantes et socialisantes, les partisans de la culture de mort. Mais c'est aussi à cette occasion qu'on a vu les évêques se mobiliser. Ils ne s'étaient jamais mobilisés de la sorte, ni contre l'athéisme d'État, ni contre l'avortement, ni contre la pornographie, etc....
Tout cela pour vous dire que certains membres de la hiérarchie qui marcheront avec vous ou tout du moins qui vous accueilleront dans les sanctuaires ne sont pas avec vous. Ils sont contre vous. Ils vont vous tenir de beaux discours où ils parleront aussi de la chrétienté. Ne les croyez pas. Ils mentent !
À ceux qui se posaient encore la question, ils ont montré avec éclat qu'ils ne voulaient pas du Christ-Roi. Ils sont même prêts à s'engager pour que jamais l'on ne revoie sur cette vieille terre de France quelque chose qui puisse ressembler à la chrétienté.

Vos efforts, votre peine et vos prières sont aussi méritoires que les nôtres, bien sûr ! mais je prie et je ne suis pas le seul afin que vous preniez conscience que tout concept de chrétienté est aujourd'hui refusé et rejeté avec effroi par l'Église de France. Et même par de nombreux épiscopats. Nommés par Rome.
Réclamer aujourd'hui une chrétienté, c'est remettre en cause les funestes textes du concile Vatican II sur la liberté religieuse, dont la traduction la plus immédiate et la plus politique est la neutralité de l'État en matière religieuse, et donc, la promotion du laïcisme. C'est très exactement l'inverse de ce pourquoi vous allez marcher et prier.
"Opportebat regnum !" nous dit saint Paul. "Il faut qu'Il règne !" Ceci n'est pas facultatif, y compris pour les évêques et surtout pour eux ! il ne s'agit donc pas d'aller marcher comme si de rien n'était, comme si vous étiez en communion avec vos pasteurs. Dans le meilleur des cas, c'est un malentendu ; au pire, c'est une trahison grave. Nous comptons aussi sur vous pour le leur dire, ou au moins pour le leur faire sentir.


En union de prière, pour la chrétienté.