Le temps et l'éternité selon un penseur éminent
Le beau gosse de Saint-Nicolas -  2002-05-10 18:31:55

Le temps et l'éternité selon un penseur éminent

Quelques notes de lecture sur un livre de l’immense Comte-sponville, l’être-temps, bouilli de réflexions insanes, censées nous convaincre de la nécessité d’ « être présent à la présence » . Notre philosophe se propose en effet d’élaborer une « métaphysique du présent » car il est pour lui une vérité qui ne souffre aucune objection : « l’éternité c’est maintenant ». Le temps c’est l’éternité, voilà donc sa grande découverte. Son plaisir consiste donc à renverser les notions chrétiennes, à les soumettre à sa dialectique de fouine : « Le présent… c’est l’unique lieu du salut et le salut lui-même peut-être ». Plus loin il ajoute : « Ce que saint-Augustin désignait comme l’ « éternel présent » ou le « perpétuel aujourd’hui » de Dieu… je l’opposerais volontiers à l’éternel présent et le perpétuel aujourd’hui de la nature… Ce n’est pas le temps qui est l’image mobile de l’ « éternité » c’est l’éternité qui est mobile et c’est ce qu’on appelle le temps». Vient le message de réconfort qui vient nous sauver de la déprime. Que deviendrions nous donc sans la sagesse Sponvilienne ? Je n’ose y songer: « Quoi de plus absurde dit-il que d’espérer l’éternité si nous y sommes déjà ? et quelle autre éternité qu’au présent… Nous sommes en Dieu, et c’est pourquoi il n’y a pas de Dieu. Nous sommes dans l’éternel et c’est pourquoi il est vain de l’attendre ». Il va sans dire que cet « actualisme » s’accorde avec une « éthique de l’avenir » et avec le devoir de mémoire car bien entendu « la sagesse n’est pas amnésie ». De là son apologie burlesque de « l’éthique de la responsabilité, la seule qui vaille ».
L’être-temps en tout cas donne des ailes à son inspiration. Il lui arrive même de verser dans le lyrisme le plus indécent : « Plutôt qu’une question sans réponse c’est une réponse sans question : l’être est la seule réponse à la question qui ne se pose pas… cette réponse c’est le monde, c’est le présent, c’est tout. Ce n’est pas un discours, ce n’est pas un sens ( ce n’est pas une « réponse » à proprement parler), ce n’est pas une promesse. C’est une présence, c’est un silence, c’est une insistance. Pourquoi l’être ? Parce que l’être ». Je crois qu’il n’y a rien à ajouter.

Sombreval,
Jamais sans Nelly