...pour votre "vraie question".
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* 1 - Sur les HERESIES *
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Les HERESIES ont été toutes EXPLICITEMENT CONDAMNEES par des écrits du Magistère (Conciles, Encycliques).
Cf. CEC. de 1992, dans les § 464 à 469 :
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CEC. 464 :
"L'événement unique et tout à fait singulier de l'Incarnation du Fils de Dieu ne signifie pas que Jésus-Christ soit en partie Dieu et en partie homme, ni le résultat du mélange confus entre le divin et l'humain. Il s'est vraiment fait homme EN RESTANT vraiment Dieu.
Cette VERITE DE FOI, l'Eglise a dû la défendre et la clarifier au cours des premiers siècles face à des HERESIES qui la falsifiaient."
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CEC. 465 :
"Les premières hérésies ont moins nié la divinité du Christ que son humanité vraie (docétisme gnostique). Dès les temps apostoliques la foi chrétienne a insisté sur la vraie incarnation du Fils de Dieu, "venu dans la chair" (Cf. 1 Jn IV:2-3).
Mais, dès le troisième siècle, L'EGlilse a dû affirmer contre Paul de Samosate, dans un Concile réuni à Antioche, que Jésus Christ est Fils de Dieu PAR NATURE et non par adoption. Le premier Concile oecuménique de Nicée, en 325, confessa dans son Credo que le Fils de Dieu est ENGENDRE, NON PAS CREE, DE LA MEME SUBSTANCE (Omousios, en grec) QUE LE PERE et condamna Arius, qui affirmait que "le Fils de Dieu est sorti du néant (Cf. DS 130)" et "d'une autre susbstance que le Père (Cf. DS 126)"."
- Nota Bene : DS = Denzinger-Schönmetzer, Enchiridion Symbolorum, definitionum et declarationum de rebus fidei et morum.
- Note de votre serviteur :
J'ai déjà eu l'occasion de regretter ici la traduction liturgique en langue vernaculaire (française) du CREDO, laquelle reproduit très mal les textes originaux grec et latin du CREDO en remplaçant à tort, "de même SUBSTANCE" par "de même NATURE" (Voir dans Tabularia mes anciens messages postés ici, si le sujet vous intéresse réellement).
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CEC. 466 :
"L'hérésie nestorienne voyait dans le Christ une personne humaine conjointe à la personne divine du Fils de Dieu. Face à elle Saint Cyrille d'Alexandrie et le troisième Concile Oecuménique réuni à Ephèse en 431 ont confessé que "le Verbe, en s'unissant dans sa personne une chair animée par une âme rationnelle, est devenu homme" (Cf. DS 250). L'humanité du Christ n'a d'autre sujet que la personne divine du Fils Dieu qui l'a assumée et faite sienne dès sa conception. Pour cela le Concile d'Ephèse a proclamé en 431 que Marie est devenue en toute vérité Mère de Dieu par la conception humaine du Fils de Dieu dans son sein : "Mère de Dieu, non parce que le Verbe de Dieu a tiré d'elle sa nature divine, mais parce que c'est d'elle qu'Il tient le corps sacré doté d'une âme rationnelle, uni auquel en sa personne le Verbe est dit naître selon la chair" (Cf. DS 251)."
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CEC. 467 :
"Les monophysites affirmaient que la nature humaine avait cessé d'exister comme telle dans le Christ en étant assumée par sa personne divine de Fils de Dieu. Confronté à cette hérésie, le quatrième Concile oecuménique, à Chalcédoine, a confessé en 451 :
" A LA SUITE DES SAINTS PERES, NOUS ENSEIGNONS UNANIMEMENT A CONFESSER UN SEUL ET MEME FILS, NOTRE SEIGNEUR JESUS CHRIST, LE MEME PARFAIT EN DIVINITE ET PARFAIT EN HUMANITE, LE MEME VRAIMENT DIEU ET VRAIMENT HOMME, COMPOSE D'UNE AME RATIONNELLE ET D'UN CORPS, CONSUBSTANTIEL AU PERE SELON LA DIVINITE, CONSUBSTANTIEL A NOUS SELON L'HUMANITE, "semblable à nous en tout, à l'exception du péché (He IV, 15)" ; ENGENDRE DU PERE AVANT TOUS LES SIECLES SELON LA DIVINITE, ET EN CES DERNIERS JOURS, POUR NOUS ET POUR NOTRE SALUT, NE DE LA VIERGE MARIE, MERE DE DIEU, SELON L'HUMANITE.
"UN SEUL ET MEME CHRIST, SEIGNEUR, FILS UNIQUE, QUE NOUS DEVONS RECONNAITRE EN DEUX NATURES, SANS CONFUSION, SANS CHANGEMENT, SANS DIVISION, SANS SEPARATION. LA DIFFERENCE DES DEUX NATURES N'EST NULLEMENT SUPPRIMEE PAR LEUR UNION, MAIS PLUTOT LES PROPRIETES DE CHACUNE SONT SAUVEGARDEES ET REUNIES EN UNE SEULE PERSONNE ET UNE SEULE HYPOSTASE." (Cf. DS 301-302)."
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CEC. 468 :
"Après le Concile de Chalcédoine, certains firent de la nature humaine du Christ une sorte de sujet personnel. Le cinquième Concile oecuménique, à Constantinople en 553, a confessé contre eux : "Il N'Y A QU'UNE SEULE HYPOSTASE [ou Personne], qui est Notre Seigneur JESUS CHRIST, UN DE LA TRINITE" (Cf. DS 424). Tout dans l'humanité du Christ doit donc être attribué à sa personne divine comme à son sujet propre (Cf. déjà cc. Ephèse : DS 255), non seulement les miracles mais aussi les souffrances (Cf. DS 424) et même la mort :"Celui qui a été crucifié dans la chair, Notre Seigneur Jésus Christ, est vrai Dieu, Seigneur de la gloire et UN de la Sainte Trinité" (Cf. DS 432)."
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CEC. 469 :
"L'Eglise confesse ainsi que Jésus est inséparablement vrai Dieu et vrai homme. il est vraiment le Fils de Dieu qui s'est fait homme, notre frère, et cela sans cesser d'être Dieu, notre Seigneur :
"Il resta ce qu'Il était. Il assuma ce qu'Il n'était pas", chante la liturgie romaine (Cf. LH, antienne des Laudes du premier janvier ; Cf. Saint Léon le Grand, sermon XXI, 2-3). Et la liturgie de Saint Jean Chrysostome proclame et chante : O FILS UNIQUE ET VERBE DE DIEU, ETANT IMMORTEL, TU AS DAIGNE POUR NOTRE SALUT T'INCARNER DE LA SAINTE MERE DE DIEU ET TOUJOURS VIERGE MARIE, QUI SANS CHANGEMENT ES DEVENU HOMME, ET QUI AS ETE CRUCIFIE, O CHRIST DIEU , QUI, PAR TA MORT AS ECRASE LA MORT, QUI ES UN DE LA SAINTE TRINITE, GLORIFIE AVEC LE PERE ET LE SAINT ESPRIT, SAUVE-NOUS ! (Tropaire "O Monoghenis")."
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Quelques commentaires personnels, maintenant.
Un conseil, cher frère : ACHETEZ (ou faites-vous offrir) le CATECHISME de l'EGLISE CATHOLIQUE.
Et surtout, je vous exhorte à le LIRE !
Cela vous permettra d'apprendre plein de choses que vous ne savez pas, et vous permettra d'approfondir votre Foi en la posant sur des bases de connaissance stables, ce qui ne semble pas être le cas aujourd'hui.
Et ainsi vous ne poserez pas de questions comme celle-là. Et cela ne vous fera que du bien.
Mais il n'est pas trop tard !
Pour votre gouverne, sachez que nos frères orthodoxes célèbrent la Divine Liturgie suivant la Liturgie de Saint Jean Chrysostome en Temps Ordinaire (et celle de Saint Basile pour les grandes fêtes). A rapprocher de CEC.469 ci-dessus.
Toujours pour votre gouverne, sachez aussi que cette MEME liturgie est célébrée RIGOUREUSEMENT à L'IDENTIQUE :
- par nos frères Catholiques d'Orient ;
- par nos frères Orthodoxes.
...et que chez les deux églises vous trouverez une iconostase devant l'Autel.
COMBIEN d'entre vous SAVAIENT cela ? ça éclaire différemment le problème posé, non ?
Vous pouvez visiter par exemple l'Abbaye de Chèvetogne, en Belgique, où deux communautés de moines bénédictins, l'une de rite Latin chantant en grégorien, l'autre de rite oriental chantant en grec et en slavon, célèbrent ensemble, à tour de rôle la Messe et la Liturgie des Heures, tantôt dans l'église Latine du Monastère, tantôt dans l'église orientale du plus pur style Byzantin.
Hé bien, vous avez rigoureusement la même liturgie chez eux, catholiques de rite oriental, que chez les Orthodoxes russes à Paris (p.ex. à la Cathédrale St Alexandre Newski, rue Daru à Paris) ou chez les Orthodoxes grecs (p.ex. à la Cathédrale St Etienne, rue Georges Bizet à Paris).
Je ne parle pas des arméniens volontairement, car ils ont eu la faculté de consever un rite propre, très ancien, et particulier au peuple arménien, reconnu valide par Rome.
Pourtant, bien qu'étant d'origine arménienne, je préfère une belle célébration byzantine en grec, ou en grégorien donc latine, plutôt que tous les autres rites, ou même les déviations modernistes plus ou moins graves qui se répandent comme la mauvaise herbe dès qu'il pleut quelques gouttes.
Il m'importe surtout que le rite soit valide, et que l'Eucharistie soit célébrée dignement même si c'est de façon sobre (chants, etc) : adorons en ESPRIT et en VERITE, pas en répétant par coeur des formules comme une récitation ennuyeuse à laquelle on n'a rien compris, ni en voulant absolument tout chanter de A à Z, ce qui implique d'introduire des chansonnettes souvent ignobles avec des paroles "tartes" qui sont à des années-lumière du si grand Mystère célébré !
Hélas, force est de constater, que partout ou presque, l'on nivelle "par le bas" la qualité des chants liturgiques... et donc la qualité de la prière et de la liturgie elle-même !
Et alors, pour que tous chantent tout, il faut que "tout soit facile" et que "tout soit connu", donc de qualité (des textes aussi) "au ras des pâquerettes"... voire on démolit encore plus en introduisant des "choses chantées" (pour rester correct) à des moments où ce n'est pas permis... aumépris de toutes les règles en matière de Liturgie.
Mais STOP j'arrête là, sinon je vais remplir mon disque dur (et le vôtre) car je suiis intarissable sur le sujet !
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* 2 - Sur les SCHISMES *
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Voilà qui va répondre plus directement à votre "vraie question" (je me contente de citer le Catéchisme de l'Eglise Catholique, pour qui j'espère vous aurez plus d'égards que pour nos frères "Orthodoxes"):
CEC. § 2089 :
"L'incrédulité est la négligence de la vérité révélée ou le refus volontaire d'y donner son assentiment.
L'HERESIE est la négation obstinée, après la réception du Baptême, d'une vérité qui doit être crue de foi divine et catholique, ou le doute obstiné sur cette vérité.
L'APOSTASIE est le rejet total de la foi chrétienne.
Le SCHISME est le refus de la soumission au Souverain Pontife, ou le refus de communion avec les membres de l'Eglise qui lui sont soumis" (Cf. CIC, Can. 751).
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CEC. § 817 :
"Les blessures de l'Unité.
De fait, "dans cette seule et unique Eglise de Dieu apparurent dès l'iorigine certaines scissions, que l'apôtre réprouve avec vigueur comme condamnables ; au cours des siècles suivants naquirent des discussions plus amples, et des communautés considérables furent séparées de la pleine communion de l'Eglise Catholique, parfois de par la faute des personnes de l'une et l'autre partie" (Cf. Unitatis Redintegratio, 3). Les ruptures qui blessent l'unité du Corps du Christ (on distingue l'hérésie, l'apostasie et le schisme) ne se font pas sans les péchés des hommes :
Où se trouve le péché, là aussi la muliplicité, là le schisme, là l'hérésie, là le conflit ; mais où se trouve la vertu, là aussi l'unité, là l'union qui faisait que tous les croyants n'avaient qu'un corps et qu'une âme (Cf. Origène, hom. in Ezech. IX,1)."
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CEC. § 818
"Ceux qui naissent aujourd'hui dans des communautés issues de telles ruptures "et qui vivent la foi au Christ, ne peuvent être accusés de péché de division, et l'Eglise Catholique les entoure de respect fraternel et de charité (...). Justifiés par la Foi reçue au Baptême, incroporés au Christ, ils portent à juste titre le nom de chrétiens, et les fils de l'Eglise Catholique les reconnaissent à bon droit comme des frères dans le Seigneur (Cf. Unitatis Redintegratio, 3)."
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CEC. § 819
"Au surplus, beaucoup d'éléments de sanctification et de vérité (Cf. Lumen Gentium, 8) existent en dehors des limites visibles de l'Eglise Catholique : LA PAROLE DE DIEU ECRITE, LA VIE DE LA GRACE, LA FOI, L'ESPERANCE ET LA CHARITE, D'AUTRES DONS INTERIEURS DU SAINT-ESPRIT et D'AUTRES ELEMENTS VISIBLES" (Cf. Unitatis Redintegratio, 3). L'esprit du Christ se sert de ces Eglises et communautés ecclésiales comme moyens de salut dont la force vient de la plénitude de grâce et de vérité que le Christ a confiée à l'Eglise Catholique. Tous ces biens proviennent du Christ et conduisent à Lui (Cf. Unitatis Redintegratio, 3) et appellent par eux-mêmes "l'unité catholique" (Cf. Lumen Gentium, 8)."
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[Remarque personnelle] :
Je ne suis vraiment pas certain que vous appliquiez ce § 818...
... mais je serais réellement heureux et touché que vous y veniez un jour (maintenant que vous en avez eu connaissance) !
lisez aussi le CEC. § 821-822
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[Extrait du Code de Droit Canonique en vigueur (de 1983) auquel fait allusion le CEC § 2089 :]
Canon 751 :
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"On appelle HERESIE la négation obstinée, après la réception du Baptême, d'une vérité qui doit être crue de foi divine et catholique, ou le doute obstiné sur cette vérité ; APOSTASIE le rejet total de la foi chrétienne ; SCHISME le refus de soumission au Pontife Suprême, ou de communion avec les membres de l'Eglise qui lui sont soumis."
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Voilà, cher frère, ma "vraie réponse" pour éclairer votre esprit sur la "vraie question" que vous me posiez. Du moins je fais mienne, la réponse de l'Eglise catholique.
Et j'espère que le temps que j'ai passé à préparer ma réponse n'aura pAs Eté perdu : la bAllE est dans votre camp.
Sinon, vous serez pile sur les rails de l'intégrisme... à mon grand désespoir.
Fraternellement et en union de prière,
Constantin (de passage).