Cher Monsieur l'Abbé,
Marc JOUVE -  2002-05-06 23:43:59

Cher Monsieur l'Abbé,

je vous trouve lumineux ! Et, en ce qui me concerne (mais je ne suis pas une référence en quelque domaine que ce soit), j'adhère sans réserve à l'idée que le préservatif évite de commettre un pêché plus grave encore même s'il reste un mal intrinsèque.
On sait bien qu'il faut distinguer en théologie morale le caractère intrinsèque d'un acte peccamineux et son imputabilité au fidèle. Le premier est objectif, permanent et ne peut changer, ni en fonction des cas ni à raison de l'époque ou d'éléments conjoncturels. La seconde est affaire de personne, de circonstances subjectives et se détermine par la casuistique. Je crois qu'il ne faut pas avoir peur d'user d'arguments qui n'ont rien avoir avec le relativisme et la permissivité ambiante et ont été largement exploités par les plus grands théologiens à des époques qui ne connaissaient pas nos débats et nos combats actuels.
Pour l'efficacité du préservatif, il est évident qu'elle n'est pas totale car il existe des défaillances dans la réalisation du "produit" et des "erreurs" de manipulation. Cependant, je connais personnellement des professeurs de médecine catholiques, très réservés pour des raisons morales à l'égard du laissez-aller contemporain et du "tout-préservatif" servi dans les collèges et les lycées, qui considèrent que le préservatif évite, dans une large mesure qui n'est pas absolue, bien sûr, la contamination. Ils se réfèrent notamment à des études fiables réalisées sur des couples mariés dont l'un des époux est contaminé.
Respectueusement