PETITE HISTOIRE DE L’ANGELUS (II)
(Lire la première partie)
En Angleterre cependant, le doyen du chapitre de chanoines de la ville de Wells ordonna en 1331 que l’on sonne trois coups, à trois intervalles réguliers pour qu’on récite trois Ave, juste avant le couvre-feu qui, lui, était accompagné de la volée.
Il faut remarquer que la récitation de la salutation angélique, ainsi que la piété mariale, a toujours été répandue plus précocement en Angleterre que sur le continent. De fait, dès le XIVème siècle, on y doublera l’Angélus du soir par celui du matin d’abord dans les monastères, juste après l’office de prime, puis l’usage se répandit dans les paroisses.
Mais les formulations d’Angélus furent très diverses. On récitait là un Ave, ailleurs 7 Ave et 3 Pater, ou encore cinq Pater…
L’Angélus du midi, apparut d’abord au XVème siècle à Mayence et à Cologne, mais ne se récitait que le vendredi et ne concernait que la dévotion à la passion du Christ.
Le pape Callixte III prescrivit en 1456, afin de repousser la menace turque, une croisade de prières et demanda que les cloches tintent trois fois le jour, et qu’à chaque fois l’on récite trois Pater et trois Ave. Peu après, le pape Sixte IV, grand pape marial, accorda des indulgences à qui réciterait l’angélus du midi en vue de l’obtention de la paix. Cette prière fut appelée « l’angélus de la paix ».
Dès le début de XVIème siècle, le triple angélus est attesté partout en Occident. Les Chartreux en ajoutèrent même un quatrième récité pendant la nuit !
Cette dévotion atteignait tous les fidèles, mais spécialement les plus simples ; on prescrivit rapidement la récitation du Pater et de l’Ave à chaque tintement, matin, midi et soir, avec indulgences si elle était faite à genoux.
On trouve la première forme de l’Angélus tel que nous le récitons aujourd’hui, dans le petit office de la Sainte Vierge publié à Rome au temps de saint Pie V, entre 1566 et 1572.
Benoît XIV prescrivit de remplacer l’Angélus par le Regina Caeli pendant le temps pascal.
Aujourd’hui, la pratique de l’Angélus n’est pas abandonnée par l’Eglise puisque notre saint père le pape Jean-Paul II le récite en public les dimanches et jours de fête. Cette récitation est même précédée d’une petite méditation mariale. Le pape maintient aussi cette homélie et cette récitation lors de ses déplacements.
Dans les campagnes, on entend encore, selon les lieux, cette sonnerie, et il est bon alors d’arrêter son activité pour réciter et méditer l’angélus. On peut y demander la paix, la conversion de l’Islam, un plus grand amour de Jésus et de Marie.
S’unir à la même heure, dans les foyers, à cette récitation tisse un lien plus étroit encore dans l’Eglise et dans la communion des saints.
Abbé Timothée PATTYN, Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre