Jésus-Christ et le Roi
SOMBREVAL -  2002-04-12 15:20:59

Jésus-Christ et le Roi

L’admirable Saint-Simon dans sa postface testamentaire ( août 1753 ) écrit : « Les Rois sont les images de Dieu sur terre, ils sont donc chargés de l’imiter autant qu’il est donné à la créature de le pouvoir faire. L’écriture et les pères m’apprennent qu’il y a une véritable gradation dans le ciel, qu’il y a neuf chœurs ou neuf ordres d’Anges supérieurs les uns aux autres. Les deux Tobies voulant récompenser le conducteur du Fils au retour de son voyage, ce conducteur leur déclare qu’il était Raphaël, l’un des sept anges qui assistent sans cesse devant Dieu, et à l’instant disparut. Voici donc encore sept anges supérieurs aux autres. Le divin témoignage de Jésus-Christ sur saint Jean Baptiste le déclare le plus grand d’entre les enfants des hommes, et qu’il n’y en a aucun plus grand que lui. Enfin l’Eglise adresse des prières publiques à la sainte Vierge Marie en lui donnant le nom de Reine du Ciel, des anges et des saints … »
Il s’ensuit que pour un courtisan aucune marque d’allégeance n’est indue. Désireux de retrouver les faveurs de Louis XIV, Lauzun avait écrit : « je mourrai content si je peux encore une fois dans ma vie, comme de la boue, me trouver sous ses pieds ». Sans Roi, force est pour l’ancan de ravaler sa propension à la vénération. La République, en même temps qu’elle institue des simulacres d’autorité, rend inapte à l’adoration, organise le discrédit du Ciel. Voilà pourquoi dans l’Eglise conciliaire, républicaine qui, à la place des « gradations dans le Ciel » introduit l’abomination du nivellement, il est malséant de s’agenouiller. Dans cette Eglise, Dieu en impose autant qu’un instituteur de province.
C’est à l’école des courtisans qu’il vous sera loisible de réapprendre cette faculté d’adorer. Sans Roi, ni maître, j’ose d’ailleurs faire mienne la louange d’un courtisan du Grand Siècle, citée jadis avec admiration par Mme de Sévigné, et l’adresser directement à Dieu qui me pardonnera l’exploitation que j’en fais pour initier le tout venant à la vénération. Cette réplique devrait d’ailleurs constituer le fond et le terme de toute apologétique :
« Sire, quand on est assez misérable pour être éloigné de vous, non seulement on est malheureux, mais on est ridicule »