Chère Chantal et chers frères,
j'ai pu dire un chapelet pour vore Evêque, avant la Messe de 19h30, comme j'espérais le faire.
Comme j'ai été suffisamment en avance, par chance j'ai pu aussi assister à la Messe brève de 18h30 à la même paroisse, et offrir cette Messe au Seigneur, comme la suivante, pour votre Evêque (oui, j'ai assisté aux deux messes).
Je me suis référé pour ce faire, dans ma prière, à cette Parole de l'Ecriture :
"Tout ce que vous demanderez à mon Père en mon nom, Il vous l'accordera !" (je n'ai plus la réf. en tête).
Pour répondre -au passage - à une de vos questions, la Messe était bien dite avec le rite actuel (dit "de Paul VI").
La Messe Pontificale de 19h30 a commencé à peu près à l'heure, à la Paroisse Saint Germain l'Auxerrois de Paris (située presque au bord de la Seine, entre la Cour carrée du Louvre et les magasins de La Samaritaine, jouxtant la Mairie du 1er arrondissement).
Entre parenthèses, je vous recommande son carillon magnifique qui égrène moult fois par jour - et même par heure, un air ancien au moyen d'une batterie de petites cloches de notes différentes (allez donc répéter des chants avec ça tous les 1/4 d'heure ou presque, c'est un vrai cauchemar !).
C'est la Messe de la Solennité de l'Annonciation du Seigneur, laquelle était régulièrement reportée à ce jour par l'Ordo liturgique, car elle "tombait" le Lundi saint cette année.
Il s'agissait aussi du dixième anniversaire de l'oeuvre MATER AMORIS, qui a reçu la bénédiction du Saint Père. Un triptyque peint représentant trois scènes avec la Vierge Marie, béni par notre Pape, a été pour l'occasion installé dans la Chapelle du Saint Sacrement, qui a été consacrée à la Vierge Marie à la fion de la Messe (le tout étant terminé à 21h30 environ).
J'ai appris à cette occasion, que Soeur Emmanuelle faisait partie de l'oeuvre Mater Amoris depuis 9 ans.
Je rappelle donc, les textes de l'Ordo Liturgique de la Province d'Ile-de-France pour cette Messe [je me suis toujours demandé s'il y avait de grosses différences entre provinces ?] :
- 1re Lecture : Isaïe VII:10-14, et 8-10 (une vierge concevra)
- Psaume 39, versets 7-11 (Me voici, Seigneur)
- 2me lecture : Hébreux X:4-10 (Me voici, Seigneur)
- Evangile de Jésus Christ selon Saint Luc I:26-38 (Voici la servante du Seigneur)
Précisons que nous avons eu droit à la procession de deux châsses : une grande, avec les reliques de Sainte Geneviève, et une plus petite, avec les reliques de Saint Germain, Evêque d'Auxerre.
Mgr de Germiny a donc présidé la Messe ; je comprends mieux vos remarques du forum, maintenant que je l'ai vu officier.
Mais je vous en prie, ne soyez pas si durs et si moqueurs avec lui : tout prêtre ne peut pas avoir tous les dons à la fois !
Certains sont plus forts sur la pastorale, d'autres sur la liturgie, etc.
Mgr de Germiny, lui, a déjà chanté en entier la Préface, de façon fort honorable.
Il semble moyennement assuré en effet pour les détails liturgiques, les déplacements, quand poser ou porter la crosse et la mitre, et mal à l'aise pour savoir comment porter ses attributs.
Mais je me demande si vous ne l'avez pas un peu sévèrement jugé.
Il me semble que l'on peut être gauche, maladroit .. mais bon et croyant. Je le crois bon.
Cet homme me semble un peu trahi par sa timidité que je crois deviner. Il n'est pas à son aise.
En tout cas, je le perçois comme quelqu'un de sincère, et vous ne savez pas la chance que vous avez car il n'est pas du style à faire des homélies trop "intellectuelles" : c'est déjà une grâce !
Là, je sens que Chantal va me maudire :
j'ai écouté attentivement l'homélie, et comme elle était excellente, je n'ai pas trouvé le coeur de noter quoi que ce soit, engoncé entre des paroissiens pléthoriques flanqués - comme votre serviteur - de sièges trop rapprochés.
Très honnêtement je me serais fait bêtement remarquer par tout le monde (j'étais au second rang, face à l'Ambon). Et peut-être, pire encore, par votre pauvre Evêque lui-même.
Attention, mon adjectif "pauvre" n'est pas méprisant du tout, mais réellement compatissant !
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Alors pardon, Chantal, pour cette promesse de gascon...
...et voici, en vrac, ce que ma mémoire limitée a retenu.
L'Evêque a lu son homélie, qui avait été préparée sur un papier.
Il nous a parlé de l'Annonciation bien sûr, du "Oui" de Marie, de Jésus sur la Croix l'indiquant comme étant notre Mère au "disciple que Jésus aimait", lui-même présenté à Marie comme son fils.
Il nous a parlé des jeunes d'aujourd'hui et notamment dans l'Oeuvre "Mater Amoris".
Il a cité la guerre en Palestine de façon à la fois neutre et juste (ce qui est presque un exploit !).
aïe aïe aïe... après, j'ai des trous de mémoire !
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Beaucoup de jeunes filles pour porter les châsses avec les reliques, dans la tranche d'âge 13-18 ans environ, mais pas de fous rires ou de délires comme on en voit souvent chez des enfants de choeur dans nos paroisses "modernes" (garçons ou filles, d'ailleurs, peu importe).
Même les plus jeunes étaient très dignes, dans une attitude qui visiblement était le reflet de leur foi, d'une beauté autant spirituelle donc intérieure, qu'extérieure avec leur habit bleu avec un ruban rouge (demoiselles de la Légion d'honneur de Mater Amoris).
Alors, oui, j'ai aimé cette homélie que j'ai trouvé spirituellement nourrissante, "simple" dans le bon sens du terme, c'est-à-dire non pas de la "vulgarisation", mais dans le sens où l'Evêque a parlé de choses importantes, sans broder ni ajouter quoi que ce soit de "créativité personnelle" (donc bien mieux que les homélies de beaucoup de prêtres, auxquelles on peut aussi reprocher les digressions politiques, les compte rendus des vacances à la plage ou en montagne, etc).
Frères, la simplicité réside dans l'Esprit-Saint. Qui unifie, simplifie.
Quand un être progresse spirituellement, vous avez sûrement tous remarqué que sa vie se simplifie sous l'action de l'Esprit Saint, car celui-ci fait mieux entrevoir, progressivement, ce qui est essentiel dans les choses (et chez nos frères aussi).
Et Mgr de Germiny m'a semblé simple, au sens de "humble" ; justement, sans doute est-il mal à l'aise dans son rôle de premier plan à cause de cela, en tant qu'Evêque, vers qui tous les regards convergent en permanence !
Et pour peu que quelque paroissien lui ait fait une remarque (ou pire un courrier) trop peu charitables, je comprends que le pauvre homme puisse alors se sentir un peu "bloqué".
Mais j'ignore si c'est le cas, puisque c'est vous qui le connaissez mieux que moi.
Il n'est pas spécialement habitué non plus pour les encensements, et pourtant il les a faits, j'allais dire "docilement", comme s'il avait deviné que cela nous aurait encore davantage manqué s'il s'en était dispensé, que lors d'une messe dominicale habituelle...
Alors, je vous rappelerai, chers frères, ce que vous savez pourtant déjà, si vous me permettez ce reproche affectueux et fraternel :
La vie chrétienne repose sur les trois vertus théologales ; si on n'a pas équilibré le "tabouret spirituel" sur ses trois pieds, par exemple si on manque un petit peu de Charité (5 cm en moins sur un pied), hé bien tout ce que l'on voudra édifier sr celui-ci s'en ira de travers.
Ayons le souci d'équilibrer en nous, chers frères, les vertus de Foi, de Charité, et d'Espérance afin que notre vie spirituelle se construise de façon droite.
- la Prière Universelle :
Elle était de grande qualité, moyennement structurée
(mais peut-être parce que préparée collégialement,
mais par des gens séparément et non en réunion dans
un même lieu géographique), sans omettre le clergé.
Plusieurs paroisses peuvent en prendre de la graine !
- Les Chants :
l'animatrice avait une belle voix, sûre, il faudrait simplement :
1 - lui faire répéter "in situ" un petit chant pour appréhender l'espace sonore : acoustique, micro et distance à prendre par rapport au micro pour chanter ...
2 - être plus précise dans sa direction (pour la chironomie), mais je suis bien placé pour savoir que ce n'est pas toujours simple d'avoir les gestes les plus appropriés.
LISTE DES CHANTS
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- "Marie, tendresse de Dieu" ;
- "Je suis venu pour la vie" ;
- Kyrie eleison (ultra-connu, ressemble au début du Kyrie XVI);
- Gloria en latin (MIssa VIII "De Angelis") ;
- Antienne "Entre tes mains, Seigneur, je remets mon
esprit, entre te smains, Seigneur, je remets ma vie"
(avec deux # à la clef) - mais Psaume 39 déclamé (?!);
- Prière universelle : refrain "pas terrible" (paroles)
"Garde moi mon Dieu, ma force est en toi, garde-moi
mon Dieu, mon bonheur c'est toi".
- Sanctus : là un p'tit coup de "blues", je vous dis pourquoi.
Quelle idée de choisir le Sanctus de San Lorenzo, pour le chanter d'abord à l'unisson, passe encore, mais pour l'amputer de ses "couplets" en latin et remplacer :
1- "Pleni sunt Coeli et terra gloria tua"
et 2- "Benedictus qui venit in nomine Domini"
... par du français, avec un rythme tordu qui n'a plus rien à voir !
Y compris pour "Hosanna qui voit son "in excelsis" devenir "au plus haut des cieux" !
D'accord, la traduction est exacte, mais musicalement parlant, c'est aussi esthétique qu'une mauvaise adaptation de paroles en français sur un choral de J.S. Bach !
M'enfin ?! il est si beau ce Sanctus, à 4 voix !
Pour ma part, je le fais exécuter ainsi par mes choristes :
Il est entonné une première fois, on reprend "Sanctus..." à 4 voix
avec l'assemblée, puis les 1 et 2 ci-dessus sont chantés par un soliste
sur des ISON des voix A, T, B (tous sauf Soprani).
Et le 1er Hosanna est chanté Forte, le second Mezzo-forte, comme en écho.
C'est quand même autre chose !
Enfin, passons, il y a pire en paroisse, et il y aura bien pire encore.
- Anamnèse : "Gloire à toi qui étais mort ! gloire à Toi,
Jésus !", ce qui n'est pas trop mal (je craignais bien
que nous soit encore infligé le refrain "Aujourd'hui,
nous célébrons Jésus Christ", qui est invalide !).
- Agnus Dei de Mozart, en français.
- Communion (avec un peu d'harmonium avant et après) :
l'excellent "Ame du Christ" (prière de St Ignace de
Loyola) mais il est hélas très court pour toute la
durée de la procession de communion.
- Action de Grâce : "nous te rendons grâce pour tant
de tendresse".
- Envoi : "Je te prends chez moi, Marie !" dont le
refrain est "Marie, reine de l'univers, Marie,
mère du Rédempteur".
(si certains veulent la petite feuille numérisée, je peux leur envoyer un JPEG du papier A4 recto-verso numérisé par e-mail, ou un PDF).
Alors, en conclusion :
- oui, je regrette comme vous certaines choses dans la liturgie, qui peuvent être "de son fait" ;
- j'en regrette une autre quant au chant (Sanctus), mais lui-même n'y est - je suppose - pour rien ;
- oui, je suis un passionné de liturgie qui aime que la Messe soit bien célébrée, et bien "servie" par tous (laïcs et célébrants).
Tout cela, ce soir, n'est pas si grave, même si c'est sûrement dommage, car le rite célébré reste valide.
Et c'est bien là l'essentiel.
On peut trouver "mieux", c'est sûr ; mais tout ne sera pas forcément "bien ficelé" à la perfection, et nous devons être capables de l'accepter, tant que cela reste dans des proportions "supportables".
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Votre évêque, moi je l'aime bien.
Sa maladresse me plaît, je lui trouve quelque chose de touchant et de sincère, de vrai, à la fois.
Et je suis sûr qu'il vous aime aussi.
Alors, frères, faites-lui des remarques si vous voulez quant à ceci ou cela dans la liturgie, vous aurez souvent raison sur le fond.
Mais je vous en supplie, quant à la forme, faites-les lui humblement et fraternellement, sachant qu'il est déjà un peu mal à l'aise, de peur qu'il ne se referme comme une huître, qu'il "rentre dans sa coquille" ou, pire que tout, de peur que vous ne le blessiez sans même qu'il vous le fasse paraître, et que sa charge déjà pesante en soit encore plus pesante pour lui.
Je m'en tiens là, car je suis épuisé et je m'en vais dormir à présent !
Fraternellement,
Constantin.