DICI n°48 : Mise au point de la FSSPX
Justin Petipeu -  2002-04-07 08:28:15

DICI n°48 : Mise au point de la FSSPX

Rome



Fraternité sacerdotale Saint-Pie X : des pourparlers avec Rome ?


Lors de la présentation de la troisième édition typique du Novus Ordo Missæ, en réponse à la question d’un journaliste, le cardinal Medina, préfet de la congrégation pour le Culte divin et la Discipline des sacrements, a évoqué la Fraternité Saint-Pie X en lui attribuant certaines thèses théologiques. Nous nous permettons de rappeler respectueusement à Son Eminence notre position sur les matières abordées.

Parmi les affirmations du cardinal Medina avancées dans le cadre de sa conférence de presse, notons celle qui taxe de “ridicule” le refus par les catholiques de la Tradition de la validité du Novus Ordo. « Il est ridicule que certains d’entre eux ne reconnaissent pas la validité du missel qui est celui que la plupart des catholiques utilisent aujourd’hui de par le monde ». Précisons donc que la Fraternité Saint-Pie X n’a jamais affirmé l’invalidité de la messe nouvelle, telle qu’elle fut promulguée par le pape Paul VI. En revanche, elle constate que de facto, un nombre non négligeable de messes célébrées selon le nouveau rite sont probablement invalides, et ce en raison de l’absence de l’un des trois éléments nécessaires à la validité de tout sacrement [1]. Ajoutons qu’elle émet de graves réserves à l’encontre du Novus Ordo Missæ portant essentiellement, mais non exclusivement, sur les aspects sacrificiel et propitiatoire de la messe, particulièrement niés aujourd’hui. [2]

L’accusation de “schisme” mérite aussi que nous nous y arrêtions. « La définition traditionnelle de rupture de communion » implique une « désobéissance aux lois de l’Eglise catholique de rite romain », affirme Son Éminence. Mais le schisme implique un refus de l’autorité du pape dans son existence et conséquemment dans son exercice, en sus de la désobéissance. Et une résistance légitime à une autorité abusive n’est pas désobéissance. Considéré ainsi, le “schisme lefebvriste” demanderait à être prouvé. C’est ainsi que les catholiques fidèles à la Tradition reconnaissent les 262 papes de fait, de saint Pierre à Jean-Paul II. [3]

La Fraternité ne nie aucunement « l’autorité de la commission Ecclesia Dei », mais il est vrai qu’elle refuse d’avoir pour interlocuteur un organe qui a pour but de réconcilier des schismatiques, pour la raison qui vient d’être fournie : ce schisme étant inexistant, il n’est pas juste de vouloir le “résorber” à travers cette commission.

Rappelons enfin que, lors du pèlerinage de la Fraternité Saint Pie X à Rome au cours de l’Année sainte, les milliers de fidèles conduits par notre Supérieur général, les trois autres évêques et les très nombreux prêtres, ont prié pour le pape régnant dans chacune des quatre basiliques majeures. Les portes de ces basiliques nous ont d’ailleurs été ouvertes en tant que corps constitué, ce qui a fait titrer à un journal romain : « Du jamais vu en 2000 ans d’histoire de l’Église : 5.000 excommuniés dans la basilique Saint Pierre ! » L’originalité de l’expression montre bien combien le titre de “schismatique” est peu approprié.

Que l’on nous permette de conclure avec le témoignage d’un jeune homme de 24 ans qui fréquente l’une de nos institutions depuis quelques mois : « J’ai passé trois ans au grand séminaire d’Orléans ; je n’y ai entendu parler du pape que négativement, avec dédain et irrespect. Ici [dans la Fraternité Saint-Pie X] on prie pour le pape. Au séminaire d’Orléans, on se moque du pape ».