Pour moi il ne fait aucun doute que les écoles privées prétendument catholiques sont dans le même registre que les écoles républicaines. Leur dessein commun c’est l’atrophie des intelligences, et la propagation des lieux communs et des clichés séculaires. Vous êtes sur le point de pénétrer en toute inconscience ce sanctuaire de la bêtise et de la médiocrité. Moi seul pourrait vous sauver. Une destinée de vagabond me semble en effet préférable au commerce quotidien de vos hideux professeurs dont le proximité m’a toujours été odieuse. Quant à l’impiété, je ne m’en offusque point quand elle est professée par ces jeunes filles en fleurs qui hantent et fécondent mon imagination . Je dirais même qu’elle m’attendrit. Vous gagneriez tant à vous départir de ce ton d’institutrice qui vous départ. Vous seriez alors si aimable. Vous retrouveriez le goût à l’aventure. Croyez bien que j’ai autre chose à proposer que les dogmes à des jeunes filles qui ne m’enquiquinent point avec leurs stéréotypes d’institutrice. Mais ma vénération secrète des dogmes me pousse, à la vue de leur nudité, à ne pas franchir la limite de l’émerveillement. Seul un homme attaché aux dogmes peut se pénétrer de la splendeur de la femme. Elles méritent tellement mieux que la banalité. Hélas, les professeurs si ouverts d’esprit que vous allez côtoyer, ce sont d’affreux cochons. Ils vous perdront. Apprenez à aimer les dogmes, chère Diamira. Ce sont les divulgateurs mystérieux de la dignité de la femme et de leur grâce ineffable.