Chers frères en Jésus,
moi aussi cette affiche m'a blessé.
moi aussi cette affiche me fait vomir.
moi aussi, à chaque fois que mon regard
la rencontre, mon coeur est transpercé.
moi aussi, je sais qu'elle est injuste.
Mais je vous en supplie au nom du Christ,
que la douleur ne vous égare pas !
Je comprends le scandale que cela suscite
dans votre coeur, tout comme moi.
Mais après l'émotion, doit venir le temps
de la réflexion, de la méditation,
de la prière.
La véritable question, la voilà :
Qu'aurait fait Jésus Christ s'il était là, HIC et NUNC ?
Surement pas un procès, ni une "vengeance".
Et que votre coeur, ne s'emballe pas mes frères, ni
ne s'égare, car au fond de vous, vous savez cela.
Jésus le Christ a dit de ceux qui l'ont cloué sur le bois, "Père, pardonne-leur (...) !"
Et nous, nous serions incapables de souffrir le moins
du monde cet affront indirect que nous
vivons légitimement comme une épreuve,
pour Celui qui nous a aimés jusqu'à la mort ?
Mais Seigneur Jésus !
Comment oserions nous nous "venger", nous, pour
nous-mêmes en quelque sorte !
Mes chers frères, cette épreuve qui nous
atteint, atteint en réalité, à travers nous, le Christ, car c'est bien LUI qui est visé.
Nous, nous ne sommes rien du tout, et moi qui vous parle, encore moins que cela.
Moi, je vous dis : cette épreuve est une chance.
Relisons ensemble l'Evangile selon Saint Matthieu, en particulier les Béatitudes, et rappelons nous :
"Bienheureux serez-vous lorsqu'on vous outragera, et qu'on vous persécutera, et qu'on dira faussement toute sorte de mal à cause de Moi"
Mais c'est lumineux, mes frères !
Je vous en supplie, ne laissez pas passer cette chance de nous purifier par l'épreuve : voici le temps favorable, le temps du Salut : le Carême.
Que l'Amour du Christ nous "brûle" pour nous rendre à son image, pas à celle de la haine qui se déverse contre Lui et contre nous.
Non, ce n'est pas facile, je suis d'accord.
Quelle chance nous avons ! Oui, quelle chance !
Dieu ne peremt qu'une épreuve nous atteigne que si nous pouvons en tirer un plus grand bien.
Dieu ne peut pas se tromper ni nous tromper.
Ne peut-on pas témoigner de notre amour en réponse à Son Amour, en témoignant devant le monde, non pas par de la haine "en retour", mais par notre souffrance solidaire du Christ ?
Mes frères, resaisissez-vous, par pitié !
Qu'a dit Jésus à Saül, sur le chemin de Damas ?
Jésus n'a pas dit "Je suis le Christ, dont tu persécutes l'Eglise" !
Il a pris fait et cause pour nous, il a été solidaire.
Jésus a dit :
"Je suis LE CHRIST, QUE TU PERSECUTES" !!!
Comment ? après cela, nous, hommes de peu de foi, dès que la tempête approche, nous nous "enfuyons courageusement" derrière les hommes de loi et tombons dans la vengeance ?
Non, mes frères, nous avons une occasion unique de montrer au monde, par notre témoignage, que nous aimons même nos ennemis.
Nous devrions d'ailleurs davantage prier pour eux dans nos "prières universelles" qui sont trop souvent, soit le résumé des titres du JT de 20h, ou même des règlements de comptes avec une partie de l'assemblée, parfois !
et pour l'église, le clergé, etc.)
Sachons souffrir pour notre Dieu en silence, un (tout petit) peu comme Lui l'a fait pour nous.
Et quand vient l'epreuve, sachons redire avec Marie le "Fiat !"
Qu'il nous soit fait selon sa Parole.
Dans le Notre Père, nous disons bien à Dieu "Que Ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel".
Alors, faisons-la.
Ce n'est pas être maso.
C'est remplir pleinement notre rôle de chrétiens sur la terre en faisant la Volonté du Père.
Est-ce en s'exterminant les uns les autres que la violence s'arrêtera et que le mal disparaîtra ?
Certes non.
Nous avons protesté, nos Evêques ont protesté. Ils ont eu cent fois raison.
Faisons confiance à nos Pasteurs, soyons des fils, pas des rebelles permanents.
Ne nous égarons pas, sous le coup de la douleur, à faire un "top 50" des Evêques "durs" ou "mous" !
Si nous souffrons, la seule question légitime à se poser est :
"Où trouver le moyen de progresser spirituellement dans cette épreuve ?"
"Où est le trésor spirituel caché par Dieu dans cette épreuve ?"
Mgr LE GAL avait fait l'an dernier une excellente conférence chez les petites Soeurs de l'Assomption à Paris, sur le thème "comment vivre l'épreuve en tant que chrétiens? ".
Si cela vous intéresse, j'essaierai de rechercher dans mes notes ce que j'ai pu prendre au vol.
L'essentiel que j'en ai retenu est que l'epreuve nous permet de nous rendre capables, sous l'effet de son poids, d'actes divinement bons que nous ne pourrions pas naturellement accomplir en temps habituel.
Donc de progresser.
Alors, j'espère sincèrement que vous n'aurez pas pris mon long message pour une provocation, mais pour juste ce qu'il est, c'est-à-dire le rappel de la Lumière à suivre lorsque nous sommes dans les tènebres (et quelles ténèbres dans notre monde, ces temps-ci !) :
Jésus Christ. Faire ce que Lui aurait fait s'il était là, maintenant.
Il est le Chemin, la Vérité et la vie (vous le savez mieux que moi !).
Et nul ne vient au Père que par Lui.
Son exhortation aussi vous vous en rappelez : "Si quelqu'un veut venir à ma suite, qu'il prenne sa Croix, et me suive".
Aujourd'hui, la voilà cette Croix.
Elle nous est offerte avec cette affiche ignoble.
Oui, elle est très lourde à porter.
Notre amour sera-t-il à la mesure du Sien pour la porter avec Lui ?
J'en termine pour ce soir (pardon d'avoir été long) en rappelant un mot de Saint AUGUSTIN :
"La bonne mesure pour aimer dieu, c'est de L'aimer sans mesure".
Je vous embrasse, en vous demandant pardon si je vous ai contrariés.
Fraternellement dans le Christ Jésus,
Constantin.