Du ton inquiètant de Mgr Fellay
Xavier ARNAUD -  2002-03-03 22:48:44

Du ton inquiètant de Mgr Fellay


Ce qui me semble frappant, lorsque l'on lit parallèlement
l'interview de Mgr Rangel parue dans la Nef de mars 2002 et "le mot du
Supérieur général" de Mgr Fellay paru dans le numéro
44 de DICI, c'est la différence de ton qui les sépare.

Les réponses de Mgr Rangel me paraissent être celles d'un
homme en paix avec lui-même, heureux de s'être réconcilié
avec Rome et le Pape. Un bonheur qui puise manifestement sa source dans
une grande Espérance en l'avenir et une confiance filiale.

Les lignes de Mgr Fellay, elles, me paraissent moins sereines. Manifestement,
cela bouge à la Fraternité St-Pie X. Le brutal changement
de cap de DICI, au-delà de l'aspect anecdotique, en est une illustration
manifeste.

Ce qui serait redoutable, c'est qu'une a priori bonne nouvelle,
l'accord entre les pères de Campos et Rome, conduise au durcissement
des positions d'autres, toujours plus méfiants et défiants
vis-à-vis de Rome.

Les raisonnements manichéens du type vaniqueur-vaincu me semblent
détestables.

Il n'y a pas de vainqueur, il n'y a pas plus de vaincu.

Il faut casser cette dialectique qui consiste à répéter
sans cesse qu'il y a les vieux roublards et les enfarinés.

S'il doit y avoir un Vainqueur, c'est la Vérité.

S'il doit y avoir un Vainqueur, c'est le Christ.

Cela suppose une disposition de l'âme qui incline vers la Charité.

Cette Charité, très franchement, je ne la lis pas dans
les lignes ni même entre les lignes de Mgr Fellay.

Je ne reprendrai pas ces dites lignes une à une. C'est trop
frappant.

Et je suis certain que certains fidèles de la Fraternité
Saint-Pie X l'auront ressenti de la même façon,
même
confusément.

Aujourd'hui, je crois que nous devons retourner à une plus grande
sérénité.

Méfions-nous du bruit, qui est l'ennemi du Bien.

A force de promettre aux accords de Campos un retentissant échec,
on finit par l'appeler de ses voeux, pour mieux pouvoir dire alors "Ah
! je vous l'avais bien dit...
"

Oui, mais si l'on a tout fait pour jeter le trouble, si l'on a tout
fait pour empêcher que tout se passe bien... quelle est notre part
de responsabilité ?

Aujourd'hui, Mgr Fellay nous annonce que les accords ne sont en fait
pas signés, qu'il manquait un mot, etc.

Et alors ?

Présuppose-t-on que la parole donnée ne sera pas tenue
?

Cela me semble peu digne. (On croirait lire du Le Pen
vouant Mégret à la géhenne.)

Ces lignes de Mgr Fellay sont terriblement inquiètantes. Je crains
en le lisant (mais ce n'est que mon petit point de vue microbien),
qu'il ne soit plus en mesure de discerner la grâce lorsqu'Elle se
présentera.

L'heure, plus que jamais, est à la prière.

Ad majorem Dei gloriam

Xavier ARNAUD