Je suis bien loin d'être parfait, et malgré mes fautes innombrables et ma médiocrité, je voudrais vous adresser quelques lignes. Comprenez bien que je les entends comme de la correction fraternelle, qui doit procéder de la charité qui doit unir les Catholiques.
Votre prose ne manque pas de qualité, ni de classe, mais en toute honnêteté, ce message m'apparaît comme un verbiage gratuit. Si j'étais psychologue, je dirais sans doute que vous extériorisez d'une manière ou d'une autre une focalisation de votre esprit sur les passions charnelles. Mais je ne suis pas psychologue.
Le ton emphatique dissimule comme un sourire supérieur qui considère avec une condescendance mêlée d'envie ce envers quoi il porte une affection qu'il ne veut taire. Qu'il ne veut taire, parce qu'il aime à en parler. J'ai moi-même fait ce genre de choses, et c'est pourquoi je parle en toute franchise et, peut-être, en connaissance de cause. On aime ce qui est bas et vil, mais on est trop fier et on a une trop haute idée de soi (il y a quelque chose d'orgueilleux là-dedans) pour en parler. Alors on en parle sans en parler, en marquant entre soi et cette passion secrète un écart formel, celui d'un ton supérieur qui considère du haut de son orgueil ce qu'il aime à regarder, mais qu'il ne veut toucher, car pour y toucher, il devrait quitter son orgueil.
C'est l'attitude d'un homme au sommet d'une tour qui regarde avec envie ce qui est aux pieds de cette tour et qui crie à tous ceux qui sont en bas, que lui, il a su mettre de la distance entre ces choses viles et lui.
La véritable haine du péché et des choses viles et méprisables n'arbore pas ce paravent emphatique et ce ton supérieur. Et nous sommes d'autant plus élevés en perfection que nous croyons l'être moins.
Cette critique est celle que je pourrais m'adresser à moi-même, si je regarde certains éléments de ma vie passée contre lesquels je dois lutter avec la grâce de Dieu.
Je n'ai pas voulu vous offenser ni vous irriter, Sombreval, mais j'ai pensé que ces quelques lignes, si par hasard j'ai vu quelque chose de vrai, pourraient être utiles à ceux qui s'y reconnaîtraient. Si je n'ai pas parlé avec assez de mesure, si j'ai manqué à la charité fraternelle, si j'ai fauté en quelque chose, je vous en demande pardon. Mais si ce que j'ai dit a pu être de quelque utilité à quelqu'un, je le prie de rendre grâces à Dieu pour cela avec moi.
S. M.