Oui
DECAILLET Bertrand -  2002-02-12 13:53:03

Oui

Athanase, mais ne voyez-vous pas que cette critique elle-même est quelque peu périphérique, et qu'à côté du saint il y aura toujours un idiot pour détourner l'attention et pervertir le message, et faire rire du saint ?

Il me semble qu'une critique constructive du mouvement tradi doit être plus pertinente et plus juste pour être utile, que celle qui se laisse distraire par cet idiot, qu'il faut bien trainer avec soi, voire même héberger charitablement... Je pense à un mot de l'abbé Laguérie à propos de Saint-Nicolas dont il était curé : "tous ne sont pas fous, mais tous les fous y sont".
Ce qui est à remettre en cause ce n'est pas l'image ou l'habillement ou... etc. (tout ce "folklo" qui ne peut avoir que notre aversion... et notre miséricorde), voire même l'esprit grégaire et va-t-en-guère de quelques vieux adolescents qui n'arrivent pas à mûrir et cesser de rêver à voix haute..., mais c'est me semble-t-il l'engagement sur le fond, le coeur, de la question de tous et de chacun... autant dire l'authentique conversion! Se tourner radicalement vers Dieu, sans nuance, sans retard, sans rémission...

Et nous revenons à la définition du "traditionaliste" qu'avait donnée Mgr Lefebvre, beaucoup moins simpliste, du coup qu'on a pu le penser.

Je parlais (parce qu'ils me facinent...!) des moines: sur le fond, nous devrions avoir le même engagement avec la même cohérence, dans nos états de vie respectifs. Or le moine ne cherche rien d'autre que le Royaume de Dieu, il le cherche même à l'exclusion de tout le reste, et c'est ainsi que tout le reste lui a été donné par surcroit dans notre histoire (la civilisation chrétienne).

Pour ma part, je verrais la dérive exactement ici. Nous (tradis de dérive) cherchons d'abord ce qui ne devrait être que par surcroit (et qui est bon, certes). Ensuite, éventuellement, nous envisageons le Royaume, quelquefois même comme simple cause instrumentale à l'établissement de la cité terrestre!

Il faut des saints, des âmes d'oraison, des héros de la minutie, et partant des chrétiens pleinement homme, sans compromis sur le zèle et les moyens pour atteindre au Royaume qui se donne aux violents, mais de cette violence sur soi, intérieure et effective, et qui se traduit au dehors par la tranquille possession de la Joie. Il faut simplement de bons et vrais chrétiens. Les moines appellent cela la Paix, celle que le Christ donne en se relevant de la mort - et pour la posséder endosse toute leur vie un habit de deuil... Or tout cela c'est la raison même du combat "tradi", c'est son unique sens, c'est le Ciel, et uniquement le Ciel ... et tout le reste, dans cette cohérence-là, par surcroit.

In Christo
Bertrand Décaillet