Sur Gilson
SOMBREVAL -  2002-02-12 13:12:26

Sur Gilson

Je connais moin bien son oeuvre. Mais son approche historique me semble parfois insuffisante et réductrice. Un exemple caractéristique : Dans son essai, Athènes et Jérusalem, le philosophe russe Léon chestov expose ses vues à partir de ce qu'il a lu dans l'esprit de la philosophie médiévale. Il y pioche ce qui lui semble correspondre le mieux à ses propres conceptions et à ses obsessions du moment. Du coup il valorise Duns Scot et Occam confirmant à ses yeux sa position sur la toute puissance divine, négatrice de cette Sagesse qu'il associe à l'impuissance et où il voit la marque du rationalisme philosophique qu'il n'a eu de cesse de condamner. La philosophie médiévale est génératrice de raison, certes. Mais tous les systèmes ne se valent pas et surtout certains sont porteurs d'erreurs qu'il importe de dénoncer. La vogue d'Eckhart par exemple ne laisse pas de m'inquiéter. Ses vues sont tirées dans le sens de la déification de l'homme. Combien de catholiques se sont inquiétés de cette vogue eckhartienne, prêtant à toutes les confusions ? Qui a l'audace de la dénoncer ? Ces spécialistes de la philosophie médiévale forcent le respect. Mais ce n'est pas la recherche de la vérité qui les anime ( Ce n'était certes pas le cas de Gilson, mais son approche a pu donner lieu à cette spécialisation universitaire dont le propre est le relativisme ). La philosophie médiévale est génératrice de raison mais aussi d'erreurs.
Le thomisme de Maritain me semble plus ailé, si j'ose m'exprimer ainsi, mais aussi plus intransigeant, plus rentre dedans.