dans un débat passionnant ! et auquel j'assiste sans la compétence nécessaire pour intervenir mais avec un réel intérêt, je voulais juste rebondir sur ces deux dernières considérations tout à fait pertinentes.
Oui, il y a problème. Grosso modo, c'est effectivement un problème d'intelligence (capacité de prendre en compte le réel... a fortiori dans un climat de persécution)
M'est avis que nous (les tradis) défendons "qqch", mais que nous n'en vivons pas vraiment, n'avons pas vraiment trouvé le lien avec la vie concrète de tous les jours. Nous demeurons de fait dans une attitude de complexé à l'égard d'une contre-culture qui nous écrase, et continue de nous faciner.
Encore une fois cela semble banal et très réducteur bien sûr, mais ne serait-ce pas le fait même d'une culture chrétienne, ou mieux une civilisation chrétienne (philosophie bien sûr, mais nous parlions aussi musique, littérature, voire mode de vie ...) qui n'est pas véritablement comprise ni, a fortiori, intégrée au delà du code moral du "il faut".
Pour aller très vite: nous défendons la liturgie traditionnelle par une sorte d'instinct vital (face à une débacle évidente pour qui a des yeux) mais nous ne prenons pas la mesure d'un tel trésor et manquons curieusement de nous laisser pleinement informer (culturellement aussi, surtout) par elle et par les valeurs qu'elle pourrait nous donner dans l'ordre naturel aussi.
Mon avis - et ma souffrance personnelle depuis des années (moi je suis né dedans ! à 15 km d'Ecône. Deo gratias pour cela) - , c'est que nous manquons cruellement de docilité à "l'école" de civilisation que pourrait constituer (comme elle l'a fait dans les âges de Foi!) la sainte Liturgie catholique!
Et quand je dis ça je ne pense pas au sauvetage des formes en tant que telles, mais au respect de celles-ci jusqu'à la minutie de leur réalisation d'une part, mais aussi jusqu'au coeur de leur valeur.
Il faudrait faire du psautier, des Pères, de l'Evangile... (ah! le chant de l'Evangile, le dimanche, entouré des cierges et de l'encens, soufflant vers le nord...) les valeurs fondamentales de notre culture (au sens le plus concret du terme), et non pas des prétextes, voire des attaches superficielles ou instrumentales, sur lesquelles il faut ensuite passer le vernis d'une action politique etc. etc.
Il faudrait réunir des gens qui ont cette conviction..., ce zèle... Il me semble que certaines choses existent déjà... Nous sommes au frémissement de qqch. Il faudrait des moines... qui ont le temps de marcher lentement dans le choeur, de faire des grandes révérences, et de construire pour mille ans.
In Christo
Bertrand Décaillet