donnée par le père Collomb, dont je vous parlais dans mon précédent message, je retrouve à l'instant le compte rendu que j'en avais fait sur le forum.
Je vous le redonne.
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Petit compte rendu d'une réunion à laquelle j'ai assisté hier soir, organisée par le curé du secteur paroissial Presqu'île sud de Lyon (4 paroisses), qui visait à favoriser une réflexion sur l'enseignement catholique.
Thème de la réunion " L'école chrétienne est-elle en danger ? L'école doit-elle encore être un lieu de proposition de la foi ? "
Un constat : manifestement aujourd'hui, les chefs d'établissement ont les coudées franches pour faire un peu ce qu'ils veulent au sein de leur école. Bien sûr, ils sont appuyés par des équipes d'animation pastorale, en lien avec le diocèse.
Le curé des paroisses dont dépendent les écoles sont " à disposition ", mais n'ont pas de droit de regard ni d'ingérence.
Le bon curé nous a délivré le message de sa vision du catéchisme tel qu'il devait être enseigné.
Du point de vue du langage, j'ai eu quelque difficulté à tout comprendre. Les mots ont perdu leur sens.
Bon, donc en vrac, notre cher Père nous a mis en garde. Le catéchisme ne doit pas paraître pour une manipulation, enfermant les élèves en vase clos, avec mise en avant d'un gourou (sic). Ainsi donc, il est in-dis-pen-sable qu'il ne soit pas dispensé par une seule personne, une seule équipe, une seule famille ! Le diocèse doit se porter garant de cette liberté (le tout en proposant des parcours de la foi, au contenu on ne peut plus contestable, desquels il est très difficile de sortir pour les catéchistes… merci !). Notre curé a bien rappelé aussi que le catéchisme n'était pas une matière devant faire appel aux seules intelligence et mémoire (mais avouons tout de même que c'est un peu plus rigoureux et sérieux lorsque cela fait aussi appel à la mémoire et à l'intelligence, non ?).
Sans cesse, ce prêtre a évoqué le " cœur" des élèves. D'âme, il ne fut jamais question.
Il fut question du baptême, de la confirmation, de " l'eucharistie ", mais jamais de la confession.
L'école catholique doit être ouverte à tous. Dans ce cadre, l'évangélisation ne s'impose pas, mais doit seulement être proposée.
Lorsque plusieurs parents ont indiqué qu'ils regrettaient qu'il n'y ait point de catéchisme obligatoire pour les élèves, notre bon curé a tenu à relativiser tout cela. On ne peut imposer quoi que ce soit, bien sûr.
Il importe de respecter les autres religions et autres convictions. Une bonne catéchèse ne se fait qu'aux seuls qui en font la demande. Et là, notre curé tout ravi de sa conclusion nous rappelle (ô richesse !) que " cela ne veut pas dire qu'il n'y ait pas de contradicteurs "…
Ancien prêtre en Algérie, on comprend assez que ce prêtre - qui y a vécu près de 25 années sauf erreur - en soit revenu en un seul morceau. Pas de risque pour les musulmans de le voir engager la moindre démarche prosélyte.
Ainsi lorsque la discussion a un peu " chauffé " au cours de cette réunion, pas à un mot à telle mère de famille qui me lance " Mais le Christ n'a converti personne, luuuuuuuuui ! "
Non, notre bon curé préférait se ranger derrière ceux qui se contentent du plus petit dénominateur commun.
Je suis tout de même parti rassuré de cette petite réunion. Il paraît que la différence entre une école privée catholique et une école publique laïque, c'est que les professeurs ont le souci de donner à leurs élèves " ce qui fait sens ". Et là, j'ai vraiment respiré…
Pour l'anecdote, la conduite de cette réunion a été on ne peut plus surprenante pour notre époque.
Tout d'abord un topo de Monsieur le Curé. S'ensuivait ce que le curé a appelé un " six-six ". Ne me demandez pas l'origine, je ne sais non plus si cela s'écrit ainsi. Le principe : division de l'assistance en petits groupes, avec un " rapporteur " par groupe chargé de poser une question à l'issue du quart d'heure de réflexion. Un bon vieux principe de chez les marxistes qui permet a priori d'étouffer les questions pénibles. En l'espèce, cela n'a guère fonctionné. On n'est pas allé jusqu'aux noms d'oiseaux. On s'en est tout de même approché.
Alors, aujourd'hui, on peut bien sûr se dire qu'il est regrettable d'envisager de ghettoïser ses enfants dans des écoles catholiques hors-contrat. Bien sûr. Mais peut-on se contenter d'une école privée catholique minimaliste qui se complait à ne rester qu'un club de familles bourgeoises bien élevées.
Ma réponse personnelle est calire : NON.
Xavier Arnaud