" Heidegger considère comme mystère suprême la différence entre l'être et l'étant. Pour Maritain cette différence n'est pas ultime: elle renvoie à un Etre-sans-néant qui donne à l'étant l'acte d'être grâce auquel il est un être. Le miracle d'être qui se manifeste dans le donné, qui fait être le donné, ne s'explique pas par lui-même mais par le donateur. La philosophie de l'être découvre alors l'Esse subsistens dont l'être n'est l'acte d'aucune détermination définie car il subsiste hors d'un étant, ou si l'on veut, il est l'esse de l'étant qu'il est lui-même. L'esse subsistens est ainsi cause de la plénitude de l'être qui englobe tous les étants en qui il subsiste" :
Prouvost, la catholicité de l'intelligence métaphysique, p.168
En note on peut lire aussi : " Comment le sacré entre-t-il dans l'être chez Heidegger ? le sacré apparaît au moment où l'être découvert irréductible aux étant et les transcendant, n'est cependant pas accompli dans l'affirmation de Dieu. En montrant que le différence entre l'être et l'étant renvoie à la différence fondatrice- car créatrice- de Dieu et de l'être de l'étant, Maritain passe du sacré à Dieu lui-même"