"Dans le paysage intellectuel catholique (s'il en reste un...), qui défend aujourd'hui une telle position ?"
Pas grand monde, il est vrai, du moins en France ( encore que Floucat, Prouvost, ils sont forts, mais je doute que beaucoup de philosophes soucieux de leur réputation acceptent ce dialogue qui vous tient à coeur). Le problème aussi c'est que le Thomisme n'est pas facile d'accès. A peine entré dans ce sanctuaire, on peut vite être découragé par l'apparent hermétisme de cette philosophie. Il faut beaucoup de persévérance. Ce qu'on peut déplorer par contre c'est que l'"élite" catholique se soucie comme d'une guigne du thomisme. Et je ne parle même pas des séminaires (hormis Econe)
Le danger c'est aussi le pur rationnalisme, le thomisme exsangue, sans prolongement et qui ne vous engage pas ( c'est pourquoi j'apprécie tant Maritain et en particulier ses vues sur l'intuition de l'être ).
"peut-on se contenter de la pensée philosophique de Vatican I et de Aeterni Patris ?". Cela me paraît difficile. D'autant que des philosphies comme celle de Gabriel Marcel de Blondel ne se sont pas imposées, ce qui constitue pas un scandale. La vérité a ses exigences. Comme on dit, elle est irréductible aux aléas de l'évolution culturelle. Et il est confirmé que dès que le catholicisme ouvre des digues, c'est la ruée vers l'erreur.
ps : Dans une librairie de saint Germain des prés ( parfaite pour les intellos branchés de Paris ), à la caisse, comme pour mieux éblouir le lecteur-consommateur, trônaient des livres de Deleuze, le nouveau magazine littéraire qui lui est consacré plus des cassettes lues sur certains de ses textes. J'ai pensé à vous. Vous auriez trésailli de joie devant ces merveilles à portées de main.