D'autres comme Moehler (théologien du 19ème siècle), Newman ou Jean Guitton se sont exprimés dans le même sens. Quand l'eglise est attaquée, il est normal qu'elle survalorise cete aspect attaqué. Quand l'autorité du pape est contestée, il est fatal que cela aboutisse à l'ultarmontanisme. L'hérésie a cet avantage de pousser l'Eglise à développer certaines doctrines, mais, inversement, à se méfier d'autres points, ou, plutôt, à les passer sous silence en ne les explicitant guère.
Ne croyons pas que l'Eglise ait tout dit: il est bien des points où son enseignement est encore virtuel et peu développé. Nous sommes allègrement informés sur la Christologie, mais quid de l'ecclésiolgie en plein balbutiement ? ainsi de suite...
_ Après la crise montaniste, on voit l'épiscopat se renforcer, mais, en même temps, le ministère prophétique qui existait dans lEglise primitive disparaît... L'Eglise se méfiera de ces "inspirés".
_ Les ruptures rendent l'Eglise plus intransigeante, ce qui ne signifie pas qu'elles ne doivent pas être condamnées. Attention ! Mais l'éternel réflexe est de s'accrocher aux branches et de regarder avec malveillance toutes - je dis bien: TOUTES - les prétentions de l'hérétique, même celles qui sont le moins contestables.
_ Je crois hélas que cette attitude se pérpétue: face contestations fondées sur le rite tridentin, il est tragique qu'elle se méfie de ce rite et qu'elle le tienne en suspicion.
Ce que l'on oublie, c'est que l'hérésie n'est pas seulement une négation: elle est aussi un désir prématuré et abâtardi...
"Montan est comme une figure de saint François d'Assise" (Newman)
Ne croyons pas que tout ce que l'Eglise enseigne, Elle l'ait développé en même temps dans les mêmes circonstances.