L'Eglise n'a condamné aucune de ces deux positions...
ATHANASE -  2002-01-30 22:20:56

L'Eglise n'a condamné aucune de ces deux positions...


... y compris lorsque la première avait la faveur des théologiens. Elle a été d'une prudence exemplaire en refusant de conclure que la profession de l'une excluait l'autre. Si j'adhère à la position Scottiste (celle qui n'est pas la vôtre), c'est simplement pour la raison que la position "augustinienne" (je caricature: il n'est pas le seul théologien à l'avoir affirmé) prend le risque de relativiser le Christ. Si la faute n'avait pas eu lieu, le Christ ne serait pas venu, ce qui signifierait que l'Incarnation est un acte avant tout médical. L'Incarnation est rédemptrice, mais Elle est plus que cela... Il serait plus exact d'affirmer que l'Incarnation a des effets rédempteurs.

On peut dire que dans cette position le Christ est plutôt fait pour l'humanité, tandis que dans la seconde,c'est plutôt l'humanité qui est faite pour le Christ (position Scottiste).

Cela nous ramène à ce que l'on doit considérer de l'état originel. Etait-il un état de perfection, perfection à laquelle la Rédemption est censée nous ramener ? Mais on a vu que la Rédemption nous a donné des biens meilleurs que ceux que nous avions perdus... Certains Pères grecs, comme Théophile d'Antioche, affirme que Adam était soumis à une loi de perfection graduelle. On remarque que les thèses "rédemptionnistes" établissent une dichotomie radicale entre l'état naturel et l'état actuel. A un état surnaturel idéalisé correspond un état actuel de déchéance, d'où la nécessité de l'Incarnation.

Pour finir, le concile de Trante dit bien qu'Adam avait été crée pour l'état de grâce et non dans un état de grâce.

Amicalement,
Athanase