Encore une fois, la bonne question n'est pas la foi de untel, compositeur offrant les gages confessionnels de la qualité de son art. Cela, c'est toujours partir du même a priori "romantique" (le génie individuel source de l'art...), qui forcément conduit aux conclusions qui sont les vôtres. Non ce qui importe ce n'est pas la foi du compositeur, mais la Foi tout court, la Foi révélée - et partant celle de la composition, si j'ose dire, et de son adéquation à celle-là - plus que son adéquation: sa co-naturalité avec la Foi.
Les compositeurs, que vous citez, ont indéniablement composé des chefs d'oeuvres, et avaient (certains) une Foi solide (Poulenc, en plus d'une musique profondément religieuse, a tenu des propos éblouissants, véritables professions de foi : "je suis catholique, et c'est ma plus grande liberté!"), d'autres que vous citez étaient moins recommandables du point de vue de leurs options... doctrinales, notamment Lili Boulanger, syncrétiste avant l'heure... (euh) - mais dans le fond on s'en fiche.
De même Monteverdi et Ockeghem peuvent "vous raser", là n'est pas le sujet qui nous occupe. Mais bien celui d'un art objectivement chrétien. Or je crois que cette objectivité chrétienne est d'abord manifeste et évidente dans un contexte où la liturgie elle-même a enfanté ses "cathédrales"... C'est uniquement cela qu'il s'agit de comprendre, afin d'accepter seulement d'entrer en matière à propos des âges de Foi, et constater bientôt que là est le vrai génie, transfiguré par le grâce, et non pas seulement s'accomodant tant bien que mal avec celle-ci.
Ensuite qu'il y est un art véritable aussi dans un autre domaine, en-dessous, qui est celui de la "chapelle privée" voire de la "cellule intérieure" ou de "la confession", est indéniable non plus... mais aussi beaucoup moins intéressant, évidemment.
In Christo
Bertrand Décaillet