Complément d'info
JOUVE Marc -  2002-01-27 18:01:17

Complément d'info

Cher M. DECAILLET, suite à votre intervention, je complète mon propos :
En ce qui concerne mon ami italien, il est maintenant largement sorti de l'adolescence et ce n'est pas avec cette petite amie là qu'il a fait sa vie. A 15 ans, on se jure l'amour éternel sans réaliser ce que l'on dit. Est-ce alors le moment de prendre le risque de donner la vie en dehors d'une structure stable et légitime à offrir à l'enfant ?.. Quant à l'avortement, on se doute ici que je le rejette absolument comme un crime de sang ! En plus, cet ami, et c'est très "latin", me confiait qu'il idolatrait sa petite "fiancée", qu'il voulait respecter sa pureté et sa virginité, qu'il n'aurait pas pu la "connaître" comme ça, sans cérémonies, sans préparation... Qui condamnerait ici ce sentiment ?
Alors, on va dire qu'il s'est bestialement tourné vers une prostituée en niant ainsi la fragilité et l'humanité de cette dernière. Je ne le crois pas, car il a eu des mots de reconnaissance et d'une certaine forme de tendresse pour elle. Mais il cherchait en elle l'assouvissement de son désir du corps féminin, désir compréhensible à l'âge qu'il avait et que seuls de solides arguments métaphysiques auraient pu écarter. Il ne les avait pas ou pas assez et fantasmait donc certainement beaucoup plus en pensant aux "femmes de mauvaise vie" qu'à une petite amie révérée comme une madone et idéalisée.
Alors, bien sûr, chrétiennement, je désapprouve mais, du point de vue du moindre mal, qui est aussi une perspective de la théologie morale, je trouve tout cela plus sain que les expériences sexuelles menées à tord et à travers entre adolescents immatures à la dérive qui produisent des naissances cahotiques ou des avortements sanglants ! Sans compter que l'association amour/sexualité, pratiquée de façon précoce et à contre-temps, perturbe et déforme le psychisme et l'émotivité des jeunes, les rendant beaucoup moins aptes à la réaliser à l'âge adulte dans l'harmonie de la morale chrétienne.
En effet, l'Eglise nous enseigne à user de notre sexualité pour concrétiser les sentiments d'amour exclusifs que nous portons à une personne du sexe opposé, pour donner une réalité charnelle à un don mutuel total des êtres à travers l'union des corps qui aboutit à la procréation, instrument de Dieu pour répandre la Vie. Mais la nature humaine victime de la Chute nous encourage à dissocier facilement l'amour de la sexualité. Les hommes sont-ils plus touchés que les femmes par ce type de pêché ? J'ai tendance à le penser parfois et encore plus en lisant certaines réactions féminines sur d'autres forums... Sans me livrer à une confession publique, je peux apporter mon témoignage personnel : Je connais l'enseignement de l'Eglise, j'en admets les fondements et pourtant il m'est tout à fait habituel d'éprouver du désir pour une jolie femme sans rien savoir d'elle et sans ressentir le moindre sentiment d'amour (au sens vrai et intégral du terme) à son égard si ce n'est, bien sûr, une certaine forme de tendresse érotisée. Si ma conscience élevée dans le catholicisme ne m'éclairait pas, si j'étais un païen de l'Antiquité, j'assouvirais certainement mes désirs sans réfléchir, sans me troubler, sans m'interroger et éprouver remords, inquiétudes et interrogations.
La prostitution prend ici tout son sens car des hommes en proie à ces désirs, non entravés par des scrupules de Foi (encore moins aujourd'hui qu'hier) trouvent en elle, lorsqu'ils ne peuvent user de l'arme de la séduction, l'exutoire à leurs pulsions. Mais, ne vous trompez pas, j'éprouve du respect pour les prostituées et je ne vois pas en elles les esclaves méprisées d'un monde bourgeois qui se servirait d'elles par hypocrisie. Je "recommande" les maisons closes tout autant et même plus pour les protéger que pour garantir l'ordre public. Cela dit, si je promène mon filleul dans PARIS, je préfère pouvoir éviter de l'entendre me questionner sur les "dames africaines, chinoises ou blondes" qui "attendent l'autobus" sur le bord du trottoir et (c'est moi qui rajoute) en dehors des arrêts !
Cher ami, je partage votre analyse -classique- de l'épisode évangélique que vous évoquez. Le pardon dont je parlais à l'égard des prostituées et d'une autre nature car vous savez bien que peu d'entre elles choisissent ce métier de gaîté de coeur et que beaucoup croient au contraire remplir ainsi leurs devoirs à l'égard de familles pauvres et d'enfants précoces. Je me référais aussi à ce rôle d'exutoire qu'on leur reconnaissait au Moyen-Age et qui conduisait certains évêques à leur accorder certaines formes d'absolutions générales...
En ce qui concerne les réseaux de proxénètes contemporains, vous avez compris, je l'espère, avec quelles rigueurs punitives je souhaiterais les traiter.
Cordialement.