A propos de Campos
DECAILLET Bertrand -  2002-01-27 16:39:12

A propos de Campos

Sans doute, à propos de cette reconnaissance, "les interprètes" n'ont pas manqué (déjà sur ce forum il y a bien longtemps...), ne manquent pas et ne manqueront pas. La réaction de media en général (aussi bien les agences relativement sérieuses romaines, que le bas de gamme laïcards et militant...) ne manquent pas d'à-peu-près, c'est le moins que l'on puisse dire, voire de franche mauvais foi. L'exemple relevé par Frédéric Ronga ici est à ce titre assez révélateur de l'esprit de "l'informateur" en général, dont le souci n'est certes pas en amont de l'information (les faits dont il devrait se nourrir) mais en aval : "former l'opinion", comme ils disent avec une bonhommie unanime.

Plus intéressantes, sans doute, à propos de Campos, les réactions des "proches" et en particulier des grands amis de toujours : la FSSPX. Là aussi, au-delà de la réaction officielle de Mgr Fellay extrêment droite et posée, quoi que d'aucuns auraient aimé lui entendre dire (au besoin les lui ont fait dire...), les "plus malins" ne manqueront pas de sortir du bois et de manquer au devoir de réserve. Peu importe ... "les plus malins"!

En revanche, dans la ligne de la déclaration de Mgr Fellay, je retiens pour ma part l'opinion de M. l'Abbé Aulagnier exprimée dans le dernier bulletin DICI (39), tout à fait équilibrée, jugeant des faits (en attendant de voir l'avenir, comme le dit Mgr Fellay) et qui relève en particlier le progrès que cette reconnaissance représente du point de vue du combat pour la messe, même si en effet, le grand pas de la permission universelle, exigé en préalable par la FSPPX (sur une suggestion d'ailleurs de Mgr Rangel, à l'époque!) n'a pas été (encore...) obtenu.

Merci Monsieur l'Abbé, pour ce jugement équilibré, nuancé, qui est un des signes manifestes (de plus!) de ce qu'est effectivement la part de l'intelligence dans la "Tradition sans peur" et sans naïveté non plus !

In Christo
Bertrand Décaillet

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Extrait de DICI n°39


[...] Unis à la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X depuis de nombreuses années dans un combat catholique commun…les prêtres de cette Union Sacerdotale avec Mgr Rangel à leur tête (évêque sacré par Mgr Tissier de Mallerais, de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X) ont décidé de se « rapprocher » juridiquement de Rome. Très bien formés théologiquement, leur « expérience » sera suivie avec intérêt par tous.



Je me permettrais quelques remarques.

1 - Il est très important qu’ils aient été reconnus comme « administration apostolique personnelle ». C’est leur assurer une liberté importante dans leur apostolat et leur formation au bénéfice de l’exemption de la juridiction de l’Ordinaire du lieu. Ce que n’a pas obtenu la Fraternité Saint-Pierre qui reste sous la juridiction des évêques. C’est la raison de leurs problèmes.

2 - Ils ont obtenu, sans condition, le droit – la « facultas » - de célébrer la messe dite de saint Pie V dans toutes leurs maisons et églises. Sur ce point, il faut noter encore les différences essentielles dans cette reconnaissance avec la Fraternité Saint-Pierre.

A la Fraternité Saint-Pierre et à ses membres, Rome reconnaissait la possibilité de dire la messe eu égard à leur sensibilité religieuse et sous deux conditions terribles concomitante : a) dire que la nouvelle messe est non seulement valide mais en parfaite « rectitude » avec la doctrine catholique ; b) en conséquence, rompre avec la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X qui démontre le contraire.

Si l’on veut bien juger de cette affaire – et des documents signés par les Pères de Campos et par Rome – il faut avoir devant les yeux, non seulement la lettre Quattuor abhinc annos du 3 Octobre 1984 mais aussi le Motu proprio Ecclesia Dei adflicta du 2 Juillet 1988 qui fait référence explicite à la lettre du 3 Octobre 1984.

Ainsi et ainsi seulement, on pourra juger de l’évolution de Rome : une évolution extraordinaire, fondamentale, essentielle.



N’oublions pas le point de départ de cette affaire de la Messe.

Il faut partir :

- du Consistoire du 24 Mai 1976 où le pape Paul VI, au nom de son autorité apostolique, demande à tous les prêtres, à toutes les communautés, etc… de célébrer les saints Mystères dans le rite réformé de Paul VI à l’exclusion de tout autre… et en particulier à l’exclusion du rite de saint Pie V malgré la coutume immémoriale dont il pouvait jouir dans l’Eglise ;

- puis arrivée de la lettre Quattuor abhinc annos où Rome « concède » la possibilité, à certains, de dire la messe de toujours eu égard à leur sensibilité religieuse.

- Cette raison est reprise en 1988 dans le Motu proprio Ecclesia Dei adflicta, confirmée encore le 26 Octobre 1998 alors que Jean Paul II recevait les membres des communautés « Ecclesia Dei adflicta », venus à Rome en « action de grâces »,

- pour en arriver – enfin - à cette lettre du pape Jean Paul II du 25 Décembre 2001 reconnaissant à nos prêtres amis « la facultas » de célébrer la messe dite de saint Pie V.

« Confirmabitur – écrit le Pape – Administrationi Apostolicae facultas celebrandi Eucharistiam et Liturgiam Horarum secundum Ritum Romanum atque disciplinam liturgicam ad Nostri Decessoris sancti Pii V praescripta, cum accomodationibus inductis ab eius Successoribus usque ad beatum Ioannem XXIII ».

« A l’Administration apostolique sera confirmée la faculté (le pouvoir) de célébrer l’Eucharistie et la liturgie des Heures selon le rite romain et la discipline liturgique d’après les préceptes de notre prédécesseur saint Pie V avec les adaptations introduites par ses successeurs jusqu’au bienheureux Jean XXIII ».

3 - Ils gardent la propriété de leurs biens. Ne nous enseigne-t-on pas en philosophie politique qu’un des biens de la propriété est d’assurer correctement la liberté du père de famille.

4 - Ils n’ont rien trahi, ni la foi, ni la morale, leur déclaration le prouve. Ils restent, sur ce point, fidèles à la pensée de Mgr Lefebvre. Leur fidélité n’est pas seulement – je disais – passive mais aussi active. Ils déclarent vouloir poursuivre leur combat pour la foi et contre les hérésies : « Nous demandons … de collaborer avec votre Sainteté dans l’œuvre de la propagation de la foi et de la doctrine catholique avec zèle et pour l’honneur de la Sainte Eglise ». Mgr Lefebvre ne disait-il pas aussi que « nous étions les meilleurs défenseurs du Pape ».

5 - On craint qu’ils se fassent circonvenir par Rome. Le temps le dira. On ne peut, a priori, l’affirmer étant donné le sérieux de leur doctrine et de leur formation.


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On consultera aussi avec grand profit l'excellent et très complet dossier consacré au combat pour la messe sur le site de l'Abbé Aulagnier :
http://www.le-combat-catholique.com/Plan_du_site.htm#7